«Colette l’insoumise»: les milles et une éclosions d’une écrivaine 

Photo: TV5

Romancière, aussi vagabonde, mime, danseuse et journaliste, Colette, celle qui a jeté les bases du mentir vrai en littérature, fut un vrai animal littéraire, utilisant autant son corps que sa plume pour goûter la vie jusqu’à la lie en la soumettant à son « élastique volonté ». C’est cette femme inclassable, d’une liberté quasi farouche, que raconte Colette l’insoumise, le documentaire vif et enjoué que Claire Denjean consacre à l’auteure de La vagabonde, Chéri et La chatte.

S’attachant à une structure chronologique classique, ce documentaire fouillé s’ouvre sur l’enfance heureuse de Colette sous la tutelle d’une mère adorée, Sido, qui lui léguera le plus grand des cadeaux. Son injonction à « regarder » pour mieux se délecter du monde, érigée en art du regard, deviendra bientôt un art du détail et de la sensation qui fera l’originalité de la romancière aux pages plus vraies que nature et à l’entourage riche : de Renard à Cocteau en passant par Debussy ou Proust.

À la caméra, Claire Denjean fait un usage ludique, parfois même facétieux des archives, par la coloration, bien sûr, mais aussi par des collages plaisants qui cadrent parfaitement avec la liberté formelle de celle qui fut l’icône de la Belle Époque. La réalisatrice y mêle des évocations dignes d’images d’Épinal, plus sages, qu’elle croise à des aquarelles pimpantes aux contours de feutre noir signées par la bédéiste Catel Muller, reine incontestée des biopics dessinés. Le tout est charmant, à l’image d’une femme libre qu’il fait plaisir de visiter encore et encore.

 

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Colette l’insoumise

TV5, lundi, 21 h 35