«Trop 3»: comment te dire adieu

Les adorables sœurs Desbiens qu’incarnent avec autant de fraîcheur que d’aplomb Évelyne Brochu et Virginie Fortin.
Photo: Eric Myre Les adorables sœurs Desbiens qu’incarnent avec autant de fraîcheur que d’aplomb Évelyne Brochu et Virginie Fortin.

On en voudrait presque à Marie-Andrée Labbé de mettre fin aux tribulations sentimentales, familiales et professionnelles des deux adorables sœurs Desbiens qu’incarnent avec autant de fraîcheur que d’aplomb Évelyne Brochu et Virginie Fortin. En même temps, on voudrait la remercier d’avoir su partir en beauté plutôt que de nous faire assister à la lente agonie d’une si irrésistible comédie. Pas que l’on croie que la scénariste ait pu manquer de souffle après trois saisons…

Abordant les thèmes du renouveau et de l’affirmation de soi, la 3e saison de Trop promet d’être aussi riche en péripéties et en émotion que les deux précédentes si l’on se fie aux deux premiers épisodes qu’on a pu regarder en primeur. De fait, le rythme est plus que tonique, les répliques n’ont rien perdu de leur piquant et les épreuves de la vie n’ont en rien altéré la tendre complicité entre Isabelle (Brochu) et Anaïs (Fortin).

Ensemble, c’est tout

De retour d’Islande, Isabelle annonce à tous qu’elle a quitté son job à la Station, « par courriel comme une grosse lâche » et désire se lancer en affaires. Grâce à Anaïs, elle trouve un superbe local pour y fonder le Saman (signifiant « ensemble » en islandais, comme elle le répétera souvent), resto-bar-spectacle pour artistes émergents. Côté sentimental, Isabelle n’ose encore avouer à Marc-Antoine (Éric Bruneau) la raison de ses nausées ni le contenu de ses amusants cauchemars mettant en vedette Danielle Henkel.

Fidèle à elle-même, Anaïs vit des très hauts et des très bas en raison de son trouble bipolaire. En plus d’être le sujet principal du documentaire que tourne son amoureux Romain (Pierre-Yves Cardinal), Anaïs doit composer avec les effets des hormones, elle qui tente de tomber enceinte pour le compte de Rachel (Macha Limonchik) et d’Estaban (Iannicko N’Doua).

Toujours le cœur sur la main, Anaïs tentera d’aider son coloc Olivier (Jean-François Provençal) à sortir de sa coquille. Ce faisant, elle croisera la route d’un ex-petit ami, Raphaël (Vincent Fafard), qu’Olivier juge « dangereux, très dangereux ».

Photo: Eric Myre Abordant les thèmes du renouveau et de l’affirmation de soi, la 3e saison de «Trop» promet d’être aussi riche en péripéties et en émotion que les deux précédentes si l’on se fie aux deux premiers épisodes qu’on a pu regarder en primeur.

Parlant de nouveaux personnages, entrera en scène Jessie (Sarah Laurendeau), aspirante scénariste douée pour la rénovation. Quels secrets cache-t-elle ? Plus tard dans la saison, on fera la connaissance du conférencier Joseph B. (Alain Chanoine) et de Mariette (Louise Forestier), une dame en perte d’autonomie.

Et notre bouillant couple préféré dans tout cela ? Depuis l’arrivée de la cigogne l’an dernier, Manuela (Alice Pascual) et Samir (Mehdi Bousaidan) n’ont toujours pas renoué, la première s’étant réfugiée chez sa mère, le second étant à la recherche d’un appartement. Contraints de travailler ensemble au Saman, ils ne voudront échanger ni un regard ni un mot.

Dévoués envers leurs filles, Carole (Louise Portal) et Clément (Germain Houde) Desbiens seront également du rendez-vous, notamment au dernier épisode, tourné à la demande de Marie-Andrée Labbé dans son Saguenay natal, selon ce qu’a rapporté Le Quotidien.

Pour ajouter au bonheur et assurer que cette ultime saison soit à la hauteur des deux premières, Chloé Robichaud (Féminin / Féminin) et Louise Archambault (Il pleuvait des oiseaux) se partagent de nouveau la réalisation.

Une plume est née

Trois saisons, c’est peu quand c’est si bon. Mais c’est assez pour s’inscrire dans la mémoire et le cœur des spectateurs. Certes, on se souviendra de Trop pour son univers chaleureux, pour la fougue de ses personnages, pour ses réparties qui décoiffent, pour la chimie palpable entre Évelyne Brochu et Virginie Fortin et, surtout, pour son illustration à la fois fine et frontale de la maladie mentale au quotidien.

Comparée dès le départ à Isabelle Langlois (Lâcher prise), Marie-Andrée Labbé a prouvé qu’elle avait une signature, une sensibilité et un humour bien à elle. L’an dernier, la scénariste nous avait confié qu’elle ne voulait pas la gloire, mais passer ses « journées en bobettes à écrire ! » Eh bien, pour elle comme pour nous, souhaitons que son vœu se réalise et que son nom apparaisse bientôt au générique d’une nouvelle série télé.

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Trop 3

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