Sexe, vérités et vidéo

Sur une note plus sombre, «Amour et sexe au Maghreb» aborde la réalité humaine par la lorgnette des nombreux interdits qui frappent encore ces pays.
Photo: TV5 Sur une note plus sombre, «Amour et sexe au Maghreb» aborde la réalité humaine par la lorgnette des nombreux interdits qui frappent encore ces pays.

« Mon homme est fini, mais moi j’le suis pas, faque donne-moi c’qui faut ! » Pleine de verdeur et de spontanéité, la demande exprimée sans détour par une cliente de 84 ans au sex-shop du coin résume bien l’esprit vif et léger du documentaire Sexe Shop : une affaire de famille. Ce dernier lève le voile sur le quotidien d’une poignée de boutiques érotiques enracinées en milieu rural au Nouveau-Brunswick et en Gaspésie qui font la preuve que, si l’argent mène le monde, le sexe, lui, accapare encore bien des esprits.

Ces secrets d’alcôve sont livrés sans cérémonial, crûment, sans verser dans la vulgarité. Ici, le jugement est prié de rester au vestiaire et les confidences coulent avec naturel. L’approche des Productions du milieu est à cet égard touchante de simplicité, offrant une caméra elle-même exempte de préjugés. Dommage que la réalisation soit aussi brouillonne, péchant par excès de flashs (certains pourtant très bons, comme celui du confessionnal) et par un habillage visuel et sonore manquant cruellement d’unité, se soldant par des sparages mal canalisés.

Sur une note plus sombre, Amour et sexe au Maghreb (notre photo) aborde cette réalité humaine par la lorgnette des nombreux interdits qui frappent encore ces pays. Reconstruction de l’hymen pour les futures épouses déflorées, emprisonnement pour attentat à la pudeur après un chaste baiser en public, des centaines de bébés abandonnés chaque année dans les rues par des femmes non mariées pour éviter la prison : ce survol démontre les effets pervers des traditions sur une intimité souvent bafouée.

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Voracité tropicale
Allégorie d’un monde qui court à sa perte ad infinitum, All You Can Eat Bouddha exsude un charme surréaliste. Ce premier long métrage de fiction du Québécois Ian Lagarde, prix Borsos du meilleur film canadien à Whistler, affiche un décalage par rapport au réel en plongeant dans les entrailles de l’hôtel El Palacio, un tout-inclus tropical menacé de décrépitude où s’est réfugié le mystérieux Mike. Déité désignée, Mike y mange, mange et mange encore dans une atmosphère hypnotique de fin du monde, offrant ainsi une fable aussi poignante qu’inattendue.
 

All You Can Eat Bouddha. Le meilleur des séjours

Artv, dimanche, 20 h et Radio-Canada, vendredi, 23h

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Sexe Shop : une affaire de famille // Amour et sexe au Maghreb

Unis, lundi, 21 h, en reprise mercredi, 12 h 30 // TV5, mercredi, 20 h, en reprise jeudi, 9h55