Maripier Morin sous toutes ses formes

Les projets de Maripier Morin pour l’automne sont aussi différents qu’intrigants.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Les projets de Maripier Morin pour l’automne sont aussi différents qu’intrigants.

Maripier Morin a l’habitude d’être occupée. Sa carrière est encore jeune (tout comme elle, d’ailleurs), mais rien ne l’empêche d’enchaîner les aventures télévisuelles depuis maintenant plusieurs années. Cet automne, le public aura droit à trois de ses projets au petit écran, tous aussi différents qu’intrigants : l’animation d’un talk-show aux allures de party, un rôle clé dans une fiction policière, et même une série documentaire — une première pour Maripier Morin.

Justement, l’émission Mais pourquoi ?, diffusée sur les ondes de Z, était pour elle une occasion de passer à autre chose, après la fin du talk-show Maripier !,qu’elle a animé pour trois saisons sur la même chaîne.

 

« J’avais moi-même décidé de ne pas renouveler [Maripier !], affirme-t-elle en entrevue avec Le Devoir, seulement quelques heures avant son départ pour la France. On a fait trois saisons, et je pense qu’on avait fait un peu le tour. »

Ainsi, avec l’aide de la productrice Valérie Beaulieu, l’idée d’une série documentaire est née. Mais pourquoi ?suit donc Maripier Morin alors qu’elle explore un thème différent dans chaque épisode, en passant de la religion aux jeux vidéo. « Le documentaire, c’était vraiment dans un désir de faire quelque chose de différent, de me sortir complètement de ma zone de confort, de montrer une autre facette de qui je suis, explique-t-elle. D’explorer ça, des sujets que je ne connaissais pas, d’une façon documentaire, mais aussi complètement immersive. »

Car dans chaque épisode, cette dernière va au-delà de la simple rencontre en prenant part à l’aventure, s’initiant à un aspect ou à un autre du thème présenté. Les émotions sont donc au rendez-vous, et le résultat en témoigne, fait-elle remarquer.

« Je semblais douter d’à quel point ce serait difficile, et d’à quel point ce serait prenant. J’étais complètement investie, j’ai vraiment fait ça à 100 %. Ça nous a pris presque six mois à faire ce show-là, et c’était pour faire six [épisodes d’environ] une heure, c’est énorme. »

Tourbillon créatif

Ce projet de renouveau fut réalisé au cours de l’année dernière, avant que s’enchaîne le prochain défi à relever : la reprise du jeu, dans le cadre du polar La faille, qui sera diffusé en décembre sur Club illico. Ce rôle est son deuxième après celui de Camille Lafontaine dans La chute de l’empire américain en 2018. « Je ne savais même pas si j’allais un jour rejouer, avoue Maripier Morin, quelque peu incrédule. Je pensais que le film avec Denys Arcand, c’était un projet ovni, un peu ; que ça se pouvait que je fasse rien que ça comme rôle, dans ma vie. »

Après avoir été contactée par Dominique Veillet, productrice du projet, Maripier s’est mise à la lecture du scénario. « Je capotais ! C’est vraiment un page-turner. Un polar d’hiver, aussi, qui se passe dans le grand froid du Nord-du-Québec, je trouvais ça vraiment l’fun. »

S’ajoute à cette aventure un autre défi de taille, arrivé presque en même temps que le tournage : l’animation du Gala Artis 2019, en mai dernier. À la même époque se dessinait aussi son dernier gros projet de l’automne : le talk-show Studio G, qui sera à l’antenne de TVA.

« Tout est arrivé en même temps ! » s’exclame-t-elle au bout du fil. Studio G commencera le tournage dès septembre, au retour de Maripier d’Angoulême, où elle sera du jury du Festival du film francophone jusqu’à demain. « Je suis terrorisée ! dit-elle face à ces délais. Mais ça va être le fun : c’est un grand plateau, c’est un énorme talk-show de party. »

Pensez à une soirée entre amis, mais au petit écran, et avec des vedettes à l’affiche — c’est ainsi qu’elle se l’imagine elle-même, avec enthousiasme. « Au Québec, on est forts pour les partys de cuisine, t’sais, les partys autour de l’îlot. Tu manges bien, tu bois bien, tout le monde est là, et un moment donné, ça part en anecdotes, en histoires qui ne se racontent pas. C’est vraiment ça que j’avais en tête, c’est une soirée d’amis qui dérape, mais avec une caméra. »

Penser au public

À l’entendre parler, presque à bout de souffle, on se rend bien vite compte que cette multitude de projets ne fut pas une tâche facile à équilibrer, somme toute. « J’ai fermé les yeux, pis j’ai foncé dans le tas, dit-elle. Ça m’étonne que je n’aie pas fait un burnout, en fait. En plus de la pression d’animer un gala comme le Gala Artis, à travers tout ça, j’aurais pu exploser à un moment donné », admet-elle — mais elle a tenu bon, et ajoute que le résultat en a valu le coup.

Ce n’est pas rien que le nombre de projets qui peut faire monter la pression, d’ailleurs. La touche-à-tout était à la fois en train de jongler avec l’animation, le documentaire et la fiction, trois univers entièrement différents. Dans sa carrière, l’animatrice a aussi sauté au grand écran, ainsi qu’au numérique — tenant sa propre chaîne YouTube, intitulée Pardon My French, entre 2015 et 2017.

Quand tu commences un projet, et quand t’es dedans, il est toujours question de garder en tête à qui tu t’adresses

Son approche, dit-elle, varie selon le public auquel le projet est destiné. « La série documentaire va parler à des gens, comme la série de fiction va parler à d’autres, comme Studio G va parler à un autre public, résume-t-elle. Quand tu commences un projet, et quand t’es dedans, il est toujours question de garder en tête à qui tu t’adresses. » Sur le plateau, il est donc primordial de penser au public, au but du projet, en fin de compte, affirme l’animatrice. « Je n’essaie pas de m’adapter à différents projets en changeant ma personnalité, c’est plutôt dans comment je l’approche, et comment je le vis. Je le vis différemment pour les différents publics. »

« Au cinéma, par exemple, il faut complètement que je disparaisse, explique-t-elle. Il ne faut plus qu’on voie Maripier, il faut juste qu’on voie le personnage. Encore là, c’est une question de comment s’effacer, et laisser la place à cette autre personne que t’as créée, et y croire. »

Dès qu’on parle du numérique, par contre, Maripier fait volte-face : le Web, c’est personnel. « Au Web, c’est une version qui est très franche. C’est un dialogue, comme si t’étais avec une amie, et c’est ça qu’il y a de beau avec le Web aussi, c’est cette proximité. »

Là est la beauté dans ce qu’elle fait. Cette variété, ce désir de renouveau constant, Maripier Morin y voit un atout. « C’est tout le temps ça qu’on veut : se dépayser le plus possible, se renouveler, faire des affaires différentes. Je suis encore dans ma phase d’exploration. Je trouve ça l’fun d’avoir le droit de m’amuser, et de toucher un peu à tout. »

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Studio G / Mais pourquoi ? / La faille

TVA, dès le 22 septembre, 20 h 45 / Z, dès le 30 octobre, 21 h / Illico, en décembre