Sur vos écrans: des garçons dans la tourmente

Scène de la série «Our Boys»
Photo: HBO Scène de la série «Our Boys»

Quand la vengeance fait son chemin…

 

Après avoir fait une incursion (réussie) dans la minisérie de fiction inspirée d’événements réels avec Tchernobyl, HBO propose une autre oeuvre de la même nature, mais avec un sujet beaucoup plus délicat, à savoir l’explosif et interminable conflit israélo-palestinien, et plus particulièrement sur les suites malheureuses de l’enlèvement et du meurtre de trois jeunes Juifs à l’été 2014, dont de nombreux appels à la vengeance et une flambée de violence dans la région.

Cette nouvelle création en dix épisodes d’Hagai Levi (The Affair, Be Tipul), de Joseph Cedar et de Tawfik Abu Wael, une coproduction américano-israélienne, s’intéresse plus particulièrement à l’enquête sur le meurtre de Mohamed Abu Khdeir, un ado palestinien de 16 ans, survenu à peine deux jours après la découverte des cadavres des trois victimes d’enlèvement, un crime que les autorités mettront du temps à admettre qu’il puisse être l’oeuvre de Juifs… Ces terribles événements sont explorés à travers le prisme de la famille du jeune Mohamed, de celui de jeunes hommes proches d’une des victimes de l’enlèvement, mais surtout de celui de Shimon, un agent du Shin Bet responsable de cette enquête complexe, dans un contexte de propagande, de désinformation, de haine ordinaire et de traitement inéquitable entre Juifs et Arabes pas toujours conscient. Les premiers épisodes, fort captivants, abordent avec nuance et intelligence toute la complexité de cette situation politique explosive, en s’attardant sur le sort de jeunes gens des deux « camps », dépeints avec une authenticité dérangeante et déchirante. On attend la suite et la conclusion avec impatience.

 
Our Boys (version originale hébreue et arabe, sous-titrée en anglais) HBO et Crave, lundi, dès 21h (deux épisodes diffusés en rafale samedi soir, puis un seul les lundis suivants)

 

Réussir dans l’adversité

 

Une autre histoire où les garçons ne l’ont pas facile… Il s’agit cette fois d’un récit initiatique en trois épisodes, écrit par le dramaturge Tarell Alvin McCreaney, également coscénariste du film oscarisé Moonlight, qui raconte les épreuves auxquelles doit faire face un adolescent très doué des quartiers pauvres de Miami, qui fait tout pour poursuivre ses études dans une grande école préparatoire, malgré l’appel de la rue et une vie familiale loin d’être rose… Les échos des critiques spécialisés qui ont pu voir le premier épisode de ce drame aux accents poétiques à la dernière édition du festival SXSW sont très prometteurs.


David Makes Man OWN, mercredi, 22h

 

Les voisins

 

Le titre français trahit l’esprit de cette comédie satirique qu’on pourrait comparer un peu à la pièce Les voisins, mais chez nos voisins du sud et dans les années 2010. De son titre original Suburgatory, qu’on pourrait traduire par « purgatoire banlieusard », la série suit le quotidien déboussolé de New-Yorkais, un père soucieux de l’influence négative que peut avoir la grande ville sur son adolescente, après un déménagement dans une banlieue aisée et proprette, où les préoccupations des habitants semblent bien futiles… C’est souvent grinçant et toujours un peu absurde, et franchement amusant. Par contre, on ne sait pas si la traduction française gomme l’esprit gentiment ironique des dialogues… À essayer.


Vie de banlieue Tou.tv Extra, dès jeudi

Le visionnement en continu

La première saison de ce thriller policier inspiré de faits réels et piloté par nul autre que David Fincher (Sept, Gone Girl) avait rallié le public et la critique. Il y a fort à parier que cette nouvelle fournée, dans laquelle les agents Ford et Tench du FBI s’intéressent au cas de Charles Manson, réussira le même tour de force.

Mindhunter, saison 2 Netflix, dès vendredi

L’horreur d’autres camps…

Après une première saison relatant l’expédition catastrophique de la découverte du passage du Nord- Ouest au milieu du XIXe siècle, la série d’anthologie horrifique se poursuit dans une deuxième saison qui s’intéresse cette fois au sort d’Américains d’origine japonaise dans des camps de concentration durant la Seconde Guerre mondiale. L’acteur George Takei, qui fut lui-même prisonnier de l’un de ces camps lorsqu’il était enfant, fait partie de la distribution.

The Terror: Infamy AMC, lundi, 21h

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