Les flâneurs


Ralph Elawani

Gelée royale

On ne vous ordonnera pas de fermer les yeux et de vous laisser tomber dans les escaliers. On ne vous suggérera pas d’aller faire du ski de fond pour vous changer les idées. On vous demandera seulement cette semaine de faire jouer Raw Honey, le deuxième album de l’Américain Michael Collins sous le pseudonyme Drugdealer. Avec sa pochette hommage au groupe The United States of America, Raw Honey voit l’autodidacte, collaborateur de Weyes Blood et Ariel Pink, boire au pis de la radio AM des années 1970, dans un geste qui tient du pillage créatif — invasion du domicile de Harry Nilsson, Steely Dan et autres Zombies.

 


Louise-Maude Rioux Soucy

Se perdre encore à Winden

On glisse dans la suite de la série de science-fiction allemande Dark avec une aisance étonnante tant son intrigue chorale, pourtant d’une complexité labyrinthique, est développée avec maestria. Il y a un plaisir maniaque à suivre le palimpseste que forment les histoires personnelles tordues de cette petite communauté, Winden, qui a fleuri à l’ombre d’une centrale nucléaire. La distribution est toujours aussi épatante, les ressorts narratifs spatio-temporels bien huilés, chaque époque (1920, 1953, 1986, 2019 et 2052) apportant son lot de lumières et de noirceurs. Une perle addictive à puiser dans le catalogue de Netflix en version originale avec sous-titres.

 


Sylvie St-Jacques

Un Vogue royal

Parce qu’il reste encore plusieurs belles journées estivales pour feuilleter des magazines sur une plage, la plus récente mouture du Vogue britannique, qui a comme rédactrice en chef invitée Meghan, la duchesse de Sussex, trône au sommet de notre pile de lecture. Avec en page couverture un collage de 15 photos en noir et blanc de femmes influentes, cette version fort actuelle d’un classique de fin d’été allie conscience planétaire et frivolité assumée. Comme dirait l’autre : « du fun et du fond ».


Odile Tremblay

Du livre au film
Alors que tous peuvent visionner la bande-annonce du film de Louise Archambault Il pleuvait des oiseaux, qui donne la vedette à Andrée Lachapelle, Gilbert Sicotte, Rémy Girard, Ève Landry, Éric Robidoux et Louise Portal (en salles le 13 septembre), l’occasion est belle de lire ou de relire le roman à sa source. Ce bijou littéraire de Jocelyne Saucier, acclamé et primé en 2011, ode à la liberté sur fond de repaires au fond des bois abritant d’inspirants éclopés de la vie à l’ombre de grands feux de jadis, mérite qu’on retrouve sa sève et sa poésie dans l’attente de sa réincarnation au grand écran.

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