Sur vos écrans: autour de Woodstock

Des images d’archives du festival Woodstock
Photo: PBS Des images d’archives du festival Woodstock

Un terreau fertile

 

Après le demi-siècle des premiers pas sur la Lune célébré à grand renfort de documentaires originaux tout au long du mois de juillet, la commémoration télévisuelle des 50 ans des fameux « trois jours de paix et de musique » qui ont rassemblé près d’un demi-million de jeunes mélomanes dans un champ en août 1969 semble bien modeste… Il faut dire qu’on a parfois l’impression de tout savoir de cet événement ressassé jusqu’à plus soif dans nombre de documentaires consacrés aux années 1960 et que l’iconique film Woodstock de Michael Wadleigh semblait avoir fait le tour du jardin…

Pourtant, en regardant Woodstock : Three Days That Defined a Generation, une production de PBS dévoilée au plus récent festival de Tribeca, on a l’impression qu’il était encore possible de creuser ce terreau fertile en posant une question toute simple : comment ce rassemblement monstre n’a-t-il pas viré au chaos auquel on s’attendait ?

Les réalisateurs Barack Goodman et Jamila Ephron évitent de jouer dans les plates-bandes du film-culte de Wadleigh en abordant ce festival avec un angle plus social qu’artistique. Après avoir dressé un bref portrait politique et social des États-Unis de la fin des années 1960, ils racontent la singulière histoire de l’élaboration de ce festival, à travers les témoignages de ses producteurs, de quelques artistes qui y ont participé, de gens qui ont collaboré à l’organisation, mais surtout de spectateurs, qui en sont tous sortis transformés. Ces confessions en voix hors champ seulement et livrées sur des images d’archives du festival offrent une analyse intéressante des raisons qui ont fait que cette célébration pacifique sur fond de contestation sociale soit restée pacifique jusqu’au bout, malgré tout ce qui devait aller mal.

Ceux qui pensent revivre la frénésie musicale de cette grande fête seront un peu déçus. Ils pourront se consoler en enchaînant les épisodes de Woodstock Diaries, une minisérie produite en 1994 pour le quart de siècle du festival et qui propose des entrevues avec les producteurs de l’événement et plusieurs extraits des performances des artistes invités qui ne figuraient pas dans le film de Wadleigh.

La plateforme de visionnement en continu de CBC complète sa programmation spéciale autour de Woodstock avec la comédie dramatique Taking Woodstock d’Ang Lee, qui raconte comment la grande fête d’art et de musique s’est finalement tenue dans un champ de Bethel, avec la fiction biographique Jimi : All by my side, sur les années transformatrices du guitariste virtuose et avec un très beau documentaire épistolaire sur Janis Joplin.

 
American Experience /Woodstock: Three Days That Defined a Generation
PBS, mardi, 21h et sur CBC Gem dès le 16 août

Woodstock Diaries, Taking Woodstock, Jimi : All by my Side et Janis : Little Girl Blue
CBC Gem, dès vendredi

 

Jouer à refaire le coup

 

Les relectures et des suites télévisuelles de séries et films des années 1990 pullulent par les temps qui courent. On aurait pu donc s’attendre à ce que le feuilleton savonneux pour adolescents (aujourd’hui, on dirait « jeunes adultes »…) Beverly Hills 90210 ait droit au même traitement. On a plutôt fait appel à tous les membres de la distribution originale (à l’exception de Luke Perry, décédé en mars dernier) interprétant des versions « fictionnalisées » d’eux-mêmes qui sont réunis pour une nouvelle version de la série qui les a fait connaître. C’est vendu comme une « métarelecture » irrévérencieuse. Reste à voir si cette minisérie en six épisodes le sera vraiment…

Dans la flopée de productions originales nouvelles que lancent ce vendredi le géant du Web (dont les suites des séries GLOW et Les opératrices du téléphone), on remarque cette nouvelle série, une fiction biographique consacrée au réalisateur Toru Muranishi, qui est devenu un bonze de l’industrie cinéma pornographique dans le pudique Japon des années 1980.

 
BH90210
Fox et Global, mercredi, 21h

Le visionnement en continu

Dans la flopée de productions originales nouvelles que lancent ce vendredi le géant du Web (dont les suites des séries GLOW et Les opératrices du téléphone), on remarque cette nouvelle série, une fiction biographique consacrée au réalisateur Toru Muranishi, qui est devenu un bonze de l’industrie cinéma pornographique dans le pudique Japon des années 1980.

The Naked Director (V.O. japonaise sous-titrée)
Netflix, dès vendredi

Une année de guerre dans la vie d’Oleg

Oleg a 10 ans. Il habite avec sa grand-mère, dont il prend soin, dans la zone de guerre à l’est de l’Ukraine. Ce très beau documentaire, offert ici dans une version légèrement raccourcie, suit le quotidien de ce courageux garçon dans ce contexte terrible, dans lequel il arrive tout de même à vivre sa vie d’enfant, malgré les bombes et leurs conséquences.

The Distant Barking of Dogs (V.O. russe sous-titrée en anglais)
PBS, lundi, 22h

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