«Toutankhamon»: un pharaon en costume anglais

L’égyptologue Howard Carter
Photo: Artv L’égyptologue Howard Carter

Agatha Christie et Arthur Conan Doyle ont tous deux joué de la malédiction de Toutankhamon dans leurs écrits. Si la légende voulant qu’une main surnaturelle ait décimé l’équipe à l’origine de l’exhumation de la momie du pharaon, en 1922, a été depuis démontée, celle plombant sa transposition à l’écran revient ponctuellement. Un boulet qui pourrait s’appliquer en partie à la minisérie britannique Toutankhamon, qui pèche par excès de romantisme et de didactisme.

Est-ce mauvais pour autant ? Bien sûr que non, si on accepte une certaine liberté avec les faits, voire une liberté certaine. La réalisation de Peter Webber est d’abord fidèle à un genre, celui des séries anglaises historiques riches en costumes comme en affaires privées. Le Guardian avait d’ailleurs résumé l’esprit de la série dans une formule-choc bien trouvée : « Ils auraient pu appeler cela Down-tomb Abbey. » L’opulence des décors, des coiffures et des costumes confirme les parentés. Comme le triangle amoureux entre l’égyptologue Howard Carter, sa collègue (fictive) du MET, Maggie Lewis, et la toute jeune fille de son mécène, Evelyn.

La minisérie en quatre épisodes reste un divertissement plaisant. Les images sont magnifiques, le rythme est soutenu, sans longueurs. Certes, les dialogues sont un peu candides, quand ils ne surexpliquent pas inutilement. Mais la distribution est appliquée avec un Sam Neil tonique en lord Carnavon et une Amy Wren délurée dans la peau d’Evelyn. Quant à Max Irons, fils d’un certain Jeremy, il incarne un rigide mais bouillant Carter, qui tient lieu de figure romantique plus que potable.

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Toutankhamon

Artv, jeudi, 21 h et 22 h, suite et fin le jeudi 8 août, 21 h et 22 h