«Un Français nommé Gabin»: par les yeux de Gabin

Né il y a 115 ans, Gabin fera son entrée à reculons dans un métier qui l’aura privé d’un père qui courait les scènes sans grands succès.
Photo: Radio-Canada Né il y a 115 ans, Gabin fera son entrée à reculons dans un métier qui l’aura privé d’un père qui courait les scènes sans grands succès.

Patron, flic ou truand, paysan, marinier ou déserteur, Jean Gabin aura incarné tous les Français, son destin se confondant avec celui de la France de la Troisième République à la Cinquième. Dans un documentaire en deux temps, François Aymé et Yves Jeuland concentrent le génie de cet homme « ordinaire extraordinaire », « toujours le même, jamais pareil », pour citer son ami Prévert, qui a su durer dans une France en profonde mutation.

Né il y a 115 ans, Gabin fera son entrée à reculons dans un métier qui l’aura privé d’un père qui courait les scènes sans grands succès. Il commence aux Folies Bergère. Pour lui, c’est passager. Le hic, c’est que sa tête de prolo, sa gouille et son naturel feront des merveilles. Il n’y aura pas de pas en arrière. À la caméra, qui grossit tout, il opposera un jeu intérieur : « Je crois que les paroles doivent sortir par les yeux », dira-t-il. Renoir y verra les débuts du jeu moderne, notant que « cet immense acteur obtient les plus grands effets avec les plus petits moyens ».

Hagiographique, la bio en deux chapitres n’est pas trop obséquieuse, évitant l’étalage excessif des uns et des autres. De La Mistinguett à Michèle Morgan, en passant par Marlene Dietrich, Alain Delon ou Jean-Paul Belmondo, chacun éclaire un pan de la personnalité du monument aux 95 films. Entre 1935 et 1940, Gabin en tournera 12, dont 10 deviendront des chefs-d’oeuvre. Un alignement sans équivalent dans l’histoire dont on comprend encore mieux l’exception au sortir de cette sympathique incursion.

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Un Français nommé Gabin

RDI, jeudi et vendredi, 20 h