Donald Trump le cogneur

Les deux documentaires plongent dans le passé du président américain.
Photo: RDI Les deux documentaires plongent dans le passé du président américain.

Les gens ont envie de croire qu’une chose peut vraiment être la plus grande, la plus spectaculaire qui soit ; c’est ce que le jeune Donald Trump nommera l’« hyperbole véridique ». Évidemment, c’est un concept qui n’a aucun sens, mais cette formule exprime parfaitement sa façon de voir le monde, et pas seulement son amour immodéré des superlatifs, résume-t-on dans Président Donald Trump, de Michael Kirk, un journaliste rompu à des formats costauds au sein de l’équipe d’enquête de Frontline.

Ce dernier plonge dans le passé du président américain, remontant le fil d’une existence placée sous le signe d’une féroce ambition dès le berceau. D’abord chez son père, pour qui la vie est une compétition dans laquelle les gagnants sont des tueurs, puis chez son mentor, Roy Cohn, un avocat sans valeur morale, qui lui enseignera de ne jamais négocier, lui enjoignant plutôt de frapper deux fois plus fort quiconque l’attaque et d’utiliser les procès comme autant d’armes massives.

Sur un ton plus classique, Frédéric Mitterrand raconte sensiblement la même histoire dans Trump, le parrain de Manhattan, partageant même certains intervenants avec Michael Kirk. Reste que l’écoute de ces deux documentaires s’avère complémentaire pour faire le tour de la psyché d’un homme fasciné par la rudesse et l’arrogance d’un Hugh Hefner. Un homme pour qui, par ailleurs, la vérité ne veut pas dire grand-chose et qui l’affirme avec d’autant plus d’assurance qu’il est persuadé que, si on répète une chose suffisamment, les gens vont finir par y croire. Ce qui reste à prouver.

Président Donald Trump // Trump, le parrain de Manhattan

RDI, jeudi, 20 h // RDI, vendredi, 20h