«Juste nous deux»: d’amour et d’amitié

De fil en aiguille, les deux couples rapprochés par hasard, puis par les manigances des seconds, verront leur trajectoire changer du tout au tout.
Photo: Vrak.tv De fil en aiguille, les deux couples rapprochés par hasard, puis par les manigances des seconds, verront leur trajectoire changer du tout au tout.

Vrak ne cesse d’explorer pour trouver de nouveaux moyens d’augmenter sa voilure en matière de fiction pour jeunes adultes. Dernier exemple en date, la convaincante Juste nous deux. Sous ses dehors de road trip un peu convenu sur les bords, la websérie de huit épisodes teste les limites de l’amitié (et de l’amour) entre deux duos d’amis que tout sépare : Joëlle et Mathieu, versant solaire, et Robin et Étienne, versant saturnien, voire bilieux de ce qui deviendra un quatuor désassorti, mais serré.

De fil en aiguille, les deux couples rapprochés par hasard, puis par les manigances des seconds, verront leur trajectoire changer du tout au tout. Les fils qui conduiront à la formation de ce quatuor sont un peu forcés, on en convient. L’intérêt véritable de la série tient aux textes naturels de Benoit Lach et Vincent Lafortune, qui dévoilent de vrais talents de dialoguistes. Ce faisant, ils offrent une intéressante réflexion sur l’amitié au temps des millénariaux. À la caméra, Lach fait preuve de la même retenue empreinte de naturel, y compris dans l’habillage sonore, qui disparaît à l’occasion pour mieux reprendre, divisant ainsi l’espace et le temps.

Mikhaïl Ahooja, Sacha Charles, Noémi Lira et Philippe Robidoux incarnent avec aplomb ce carré d’as désaccordé aux prises avec des noirceurs qui ne sont jamais appuyées. En prime, les productions Blachfilms (derrière notamment le primé Avec pas de parents) nous plongent dans un Québec trop rare sur nos écrans, celui d’un Bas-du-Fleuve sans clichés, ses beautés intouchées, sans filtre.

Juste nous deux

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