«Le plus haut niveau»: l’incubateur orchestral

Entrer dans le documentaire demande de la part du spectateur une démarche volontariste très poussée.
Photo: Planète+ Entrer dans le documentaire demande de la part du spectateur une démarche volontariste très poussée.

Le documentaire de 74 minutes Le plus haut niveau nous fait pénétrer dans l’univers de l’Orchestre national des jeunes du Canada, dont nous suivons pendant deux mois les répétitions et la tournée pancanadienne.

NYO Canada, qui existe depuis plus de 50 ans, choisit parmi 500 candidats une centaine de musiciens et musiciennes et leur propose un programme de formation estival qui s’intègre entre leur éducation et leur carrière musicale. Le filtre est performant puisque environ un tiers des musiciens d’orchestre professionnels au pays en sont d’anciens stagiaires.

Le point de comparaison du documentaire, qui, à en juger par les oeuvres préparées (Mort et transfiguration de Strauss, 1er Concerto pour violoncelle de Chostakovitch…), a été tourné lors de la saison estivale 2017, est Ensemble, le film de Jean-Nicolas Orhon sur l’Orchestre Métropolitain. Le parallèle ne tourne pas en faveur de l’angle de vue du documentariste John Bolton.

Ce dernier fait monter la mayonnaise assez chronologiquement. Nous voyons donc différents pupitres répéter une oeuvre présentée par bribes. Pour le spectateur connaissant mal Mort et transfiguration, il aurait été intéressant de partir du résultat final et de voir comment on en était arrivé là. Entrer dans le documentaire demande de la part du spectateur une démarche volontariste très poussée, car il faut s’intéresser a priori à ces sympathiques jeunes qui déclarent qu’ils n’ont jamais joué Strauss et qu’ils trouvent cela excitant ou qu’ils aiment beaucoup le violon. Ensemble réussissait à captiver des spectateurs d’horizons très divers. Le plus haut niveau est plutôt fastidieux.

Le plus haut niveau

Planète+, lundi, 20 h