«Camp papillon»: l’été devant eux

La magie du camp fondé en 1938, le plus grand du genre en Amérique du Nord, est largement documentée.
Photo: Ami-Télé La magie du camp fondé en 1938, le plus grand du genre en Amérique du Nord, est largement documentée.

Le moniteur de camp de vacances est une ressource qui se raréfie. Encore plus quand il s’agit d’accompagner des clientèles à défis, comme au Camp Papillon, à Saint-Alphonse-Rodriguez, où le cinéaste Guillaume Sylvestre a posé sa caméra. Ici, l’été voit défiler 300 campeurs en situation de handicap aux besoins multiples et aigus. À leurs côtés, 100 moniteurs de 16 à 20 ans s’activent, les épaulant du mieux qu’ils peuvent, dispensant des soins essentiels allant de la becquée à l’étreinte dans un tourbillon d’une exigence physique et mentale inouïe.

La magie du camp fondé en 1938, le plus grand du genre en Amérique du Nord, est largement documentée. Rarement pourtant aura-t-on pris la peine de l’examiner d’aussi près qu’ici. Ce Camp Papillon, un été de rêve est peut-être coiffé d’un nom d’Épinal, il n’en demeure pas moins ancré dans une approche qui tient davantage du cinéma vérité que de l’hagiographie. Un rien didactique malgré une narration chaleureuse, la caméra de Guillaume Sylvestre butine d’un groupe à l’autre, l’air de rien, glissant sur les joies des uns et les crises des autres sans jamais prendre parti.

Cette apparente légèreté agit comme un révélateur. Si élogieux soit-il, le portrait lumineux qui en résulte ne cache pas pour autant les ombres qui planent sur cette mission difficile, souvent ingrate, voire injuste. Coincés entre les demandes des campeurs aux besoins impérieux et le manque criant de ressources, les jeunes moniteurs craquent parfois sous l’ampleur de la tâche. Ils le font avec humilité, se relevant avec une superbe qui force ici l’admiration.

Camp Papillon, un été de rêve

AMI-télé, mardi, 19 h, sur amitele.ca et à la Cinémathèque québécoise