«Guerre et paix»: un Tolstoï à la moulinette britannique

Ce récit des turpitudes d’une aristocratie russe plongée en pleines guerres napoléoniennes au début du XIXe siècle est découpé en six épisodes à grand déploiement de 90 minutes.
Photo: BBC Ce récit des turpitudes d’une aristocratie russe plongée en pleines guerres napoléoniennes au début du XIXe siècle est découpé en six épisodes à grand déploiement de 90 minutes.

Jouant gros, la BBC a cartonné avec cette adaptation grand luxe de Guerre et paix, le classique immense à la trame tentaculaire de Léon Tolstoï. Il faut dire qu’elle y a mis le paquet : plus de 150 acteurs et 600 figurants, dont la Lady Rose de Downton Abbey, Lily James, en Natasha Rostova, et Mathieu Kassovitz en Napoléon, en plus de confier le scénario à un habitué des séries en costumes repensées au goût du jour, Andrew Davies, derrière les populaires Orgueil et préjugés et Mr Selfridge.

Ce récit des turpitudes d’une aristocratie russe plongée en pleines guerres napoléoniennes au début du XIXe siècle est découpé en six épisodes à grand déploiement de 90 minutes. L’esthétique ultraléchée est opulente tout en étant fortement contrastée : pimpante et décadente à la cour, trouble et détraquée dans les bas fonds, grise et violente dans les tranchées. Au centre de ces jeux de cour et de guerre, l’acteur américain Paul Dano apporte un supplément d’humanité dans le rôle torturé du comte Pierre Bézoukhov.

Dithyrambique, The Guardian concluait dans sa critique que ce Guerre et Paix « somptueux » montrait ce qu’il fallait faire pour réussir une production en costumes. On lui accorde que l’objet est fichtrement bien exécuté. La réalisation est souple, les textes sont à l’avenant : frais et vivants, tandis que le jeu est décomplexé. On chipotera quand même sur l’esprit très britannique qui y souffle, plus Jane Austen que Tolstoï, le côté vif et primesautier de la première écrasant le romantisme métaphysique du second.

Guerre et paix

Artv, jeudi, 21 h