«Sans maman»: le chemin du deuil

Quiconque a perdu un parent sans avoir eu le temps de faire ses adieux risque de se reconnaître dans cette quête pourtant très personnelle.
Photo: UNIS Quiconque a perdu un parent sans avoir eu le temps de faire ses adieux risque de se reconnaître dans cette quête pourtant très personnelle.

Étrange objet que ce documentaire de Marie-France Guerrette… Un « film-guérison » : voilà la définition la plus juste qu’on peut lui accoler. La cinéaste franco-albertaine se met elle-même en scène, ainsi que ses proches et ceux de sa mère, Mona, décédée en 1995 d’un fulgurant cancer du sein, afin de mieux accepter d’avoir perdu sa mère alors qu’elle était une fillette.

À travers un mélange bien dosé d’archives vidéo familiales, d’extraits des cassettes audio que sa mère a laissées à ses deux filles avant son décès, et de très émouvants témoignages du conjoint, de la famille et des amies de la défunte, on sent une volonté de la documentariste de mieux connaître cette femme qu’elle a trop peu connue, à travers les mots de ceux qui l’ont côtoyée de près et qui l’ont aimée. La découverte des multiples facettes de celle qui lui a donné la vie offre quelques clés pour faire la paix avec cette disparition survenue trop tôt. Quiconque a perdu un parent sans avoir eu le temps de faire ses adieux risque de se reconnaître dans cette quête pourtant très personnelle.

La dernière portion du film consacrée aux tergiversations de la cinéaste qui hésite à faire un test pour découvrir si elle est porteuse du même gène qui est responsable du cancer du sein qui a emporté dans un très court intervalle sa mère et sa grand-mère vient briser cette enveloppante nostalgie de la disparue pour ramener à la vie qui bat toujours. Et force le spectateur à en faire de même. C’est déjà beaucoup.

Sans maman

Unis, lundi, 21 h