Sur vos écrans: les dangers de la fulgurance

André Montpetit
Photo: Artv André Montpetit

Étoile filante du 9e art

André Montpetit, ça vous dit quelque chose ? Probablement pas… Et c’est normal, mais triste, surtout pour tous les amateurs québécois de bandes dessinées, qui n’ont pas pu connaître le travail de celui que plusieurs pairs considéraient à la fin des années 1960 comme le meilleur dessinateur et illustrateur de la province. Cet allergique à l’autorité et à la notoriété, disparu des cercles de créateurs du jour au lendemain sans laisser d’adresse, avait la fâcheuse tendance de détruire ses œuvres. Ce très beau documentaire de Sael Lacroix permet de découvrir celui qui signait ses dessins tout simplement « Arthur » (on vous laisse découvrir pourquoi), à travers les nombreux témoignages de ses amis et collègues, les quelques morceaux rescapés de son œuvre et de très belles séquences d’animation qui recréent les entretiens que le jeune cinéaste a pu réaliser avec Montpetit, enfin retrouvé, à quelques semaines de son décès. Si la version écourtée présentée à la télé ne vous suffit pas, il est possible de voir le docu dans son intégralité dans le cadre de l’exposition André Montpetit. Portrait d’un oublié de la nuit, présentée à la Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce jusqu’au 9 juin.

Sur les traces d’Arthur
Artv, lundi, 20 h 30, rediffusion mercredi, 14 h et jeudi, minuit

 
Photo: Christophe Ena Associated Press Nicolas Sarkozy

Quand le pouvoir fait perdre la tête

On entend souvent que la notoriété et le pouvoir « enflent la tête » de ceux qui y goûtent. Ce documentaire français basé sur des recherches en neuroscience et en psychologie laisse croire que cette expression imagée n’est pas si loin de la vérité. À travers des exemples de comportements erratiques des trois derniers présidents français (Sarkozy, Hollande et Macron), on nous explique avec des pointes d’humour bienvenues comment le mélange toxique du pouvoir, de l’isolement du reste de la société et du stress inhérent aux fonctions décisionnelles et à la pression médiatique peut entraîner des changements dans le cerveau qui expliqueraient ces dérives. On peut aisément transposer ces conclusions à d’autres politiciens bien connus…

Le pouvoir nuit-il gravement au cerveau?
TV5, lundi, 22 h

 
Photo: RDI Image tirée de «Tout le monde y gagne»

Littéracie et économie

Les chiffres sur la littératie au Canada et plus particulièrement au Québec sont très inquiétants : plus de la moitié de la population active est constituée d’analphabètes fonctionnels, ce qui a d’immenses impacts sur notre développement économique. C’est le triste constat qui émane de ce documentaire, qui a l’immense mérite d’expliquer clairement ce qu’est l’analphabétisme fonctionnel, autant en ce qui a trait à la littératie qu’en ce qui a trait à la numératie, qui offre quelques pistes de réflexion sur les raisons de l’ampleur de cet analphabétisme fonctionnel « majoritaire » et sur les solutions qui existent pour le contrer.

Tout le monde y gagne
RDI, jeudi, 20 h

Le visionnement en continu

La star hollywoodienne Renée Zellwegger effectue un retour à l’écran en incarnant le personnage principal apparemment mal intentionné de la première saison de cette nouvelle série d’anthologie portant sur la moralité. Ce « néo-noir » sorti de l’imagination de Mike Kelley, le créateur de la savonneuse série de suspense Revenge, explore les conséquences des décisions funestes de « bonnes personnes ». Un embargo critique nous empêche de vous en dire plus pour l’instant…

What/if (Dilemme, en version française)
Netflix, dès vendredi

L’été des émancipations

L’été chauffe New York, et Nola Darling (pétillante DeWanda Wise) entend tirer le meilleur de cette ébullition pour continuer sa quête émancipatrice. Toujours écartelée entre son penchant pour la création pure et ses quelques élans plus corporatistes, qui lui ont valu quelques succès dont elle ne veut pas, l’héroïne afro-américaine polyamoureuse et pansexuelle de Spike Lee apparaît plus déterminée que jamais à trouver son X.

Nola Darling n’en fait qu’à sa tête 2 (V.F. de She’s Gotta Have It 2)
Netflix, dès le 24 mai