«Double peine»: une mère reste une mère

Si chaque segment s’avère touchant, le fait qu’ils se suivent sagement l’un après l’autre confère un effet de redondance au documentaire.
Photo: Les Films Séville Si chaque segment s’avère touchant, le fait qu’ils se suivent sagement l’un après l’autre confère un effet de redondance au documentaire.

Transportant le spectateur au Népal, au Québec, en Bolivie et aux États-Unis, l’émouvant documentaire Double peine traite d’un sujet rarement exploité en fiction comme en documentaire, soit le sort des enfants de mères détenues. En choisissant ces quatre endroits, Léa Pool a voulu illustrer le fait que, malgré les différences entre les conditions carcérales, le constat demeure le même : l’enfant a besoin de sa mère. Et peu importe où celle-ci se trouve, il veut être auprès d’elle.

Avec sensibilité, pudeur et respect, la cinéaste esquisse un portrait de ces femmes à travers le regard de leurs enfants, qui livrent leurs réflexions avec aplomb et candeur. Dénué de jugement, Double peine ne dévoile pas la nature des crimes commis par ces mères, souvent chefs de famille monoparentale. Dans certains cas, on devine qu’elles ont été entraînées à commettre des gestes répréhensibles pour fuir l’extrême pauvreté ou la violence domestique.

Sans verser dans le misérabilisme, le voyeurisme ou le pathos, Léa Pool présente quatre occasions où mères et enfants se retrouvent pour une célébration. Chacune de ces parenthèses enchantées se termine par de déchirantes effusions ou des émotions difficilement contenues. Si chaque segment s’avère touchant, le fait qu’ils se suivent sagement l’un après l’autre confère un effet de redondance au documentaire. Servant de fil rouge, des extraits de la Charte des droits spéciale établie par des enfants de détenus apparaissent discrètement à l’écran. À elles seules, les demandes de ces jeunes justifient la réalisation d’un tel documentaire.

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Double peine

Radio-Canada, les samedis 11 mai et 18 mai, à 22 h 30 et sur Tou.tv