«What’s my name – Muhammad Ali»: Ali, encore et encore

Au-delà encore d’un montage cinglant, rapide comme la gauche du boxeur, il reste en cet homme une puissance qui va bien plus loin que celle de ses poings.
Photo: HBO Canada Au-delà encore d’un montage cinglant, rapide comme la gauche du boxeur, il reste en cet homme une puissance qui va bien plus loin que celle de ses poings.

Combien y aura-t-il encore de documentaires sur Mohamed Ali ? Sa vie apparaît pouvoir être découpée à l’infini, comme on le fait pour les guerres et pour quelques grands personnages aussi dont jamais, semble-t-il, on n’a fini de regarder toutes les facettes. C’est sans doute qu’Ali porte en lui à la fois la dimension d’une guerre, sociale, et la grandeur d’une individualité hors norme. Ce documentaire, présenté en deux parties par la chaîne HBO, revisite à sa manière le personnage. Les temps changent. Le regard que nous posons sur un personnage qui appartient à l’histoire aussi, forcément.

Au-delà d’extraits jamais vus, de rares entrevues, de recoupements avec la politique des années 1960 offerte en miroir à la nôtre, au-delà encore d’un montage cinglant, rapide comme la gauche du boxeur, il reste en cet homme une puissance qui va bien plus loin que celle de ses poings. Et cela tient d’abord au verbe éclatant de cette incorrigible grande gueule. De bons boxeurs, il y en a eu. Mais des gens capables de soutenir qu’ils étaient les meilleurs contre l’évidence même jusqu’au point d’en arriver à avoir raison contre tous, il reste le seul.

Au fond, Ali se perçoit bien dans une de ses blagues préférées, déclinées de bien des façons. Il dit : « Vous avez vu mon poing partir vers vous ? » Rien ne bouge pourtant. Mais Ali, parfaitement sérieux, ne se démonte pas. Il dit : « Vous voulez le voir encore ? » Éclats de rire : il a déjà gagné au moins les coeurs. La magie du personnage opère à tout coup. Encore et encore.

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What’s My Name – Muhammad Ali

HBO et Crave, mardi, dès 20 h