«Le trône de fer» retrouvé

L’épisode d’une heure fut rapide et rythmé. On y a parlé de loyauté, bien sûr, mais aussi de toutes ces choses que l’on ferait pour sa famille. On a aussi vu des dragons. Ceux-ci ont occupé un temps d’antenne considérable, remplissant l’écran de leurs écailles et volant longuement dans le ciel, des héros sur leur dos.
Photo: HBO L’épisode d’une heure fut rapide et rythmé. On y a parlé de loyauté, bien sûr, mais aussi de toutes ces choses que l’on ferait pour sa famille. On a aussi vu des dragons. Ceux-ci ont occupé un temps d’antenne considérable, remplissant l’écran de leurs écailles et volant longuement dans le ciel, des héros sur leur dos.

Note aux lecteurs

Par respect pour les lecteurs n’ayant pas encore fini de regarder les sept saisons précédentes, nous vous offrons une critique dénuée de noms et, idéalement, de divulgâcheurs. Parce que ceux qui connaissent Game of Thrones et sa propension à éliminer ses héros le savent : le simple fait de mentionner un personnage au passage risque de signifier qu’il ne s’est PAS fait décapiter ou qu’il n’a PAS soudain trépassé au détour d’un épisode.

Pour les inconditionnels du Trône de fer (Game of Thrones), c’était dimanche de grandes retrouvailles avec la série culte. Pour les personnages à l’écran aussi, les réunions ont été nombreuses. C’est qu’il s’en est passé du temps depuis la fin de la septième saison sur les ondes de HBO, en août 2017.

Du temps que la production a rattrapé en misant principalement sur des touches d’humour. Dans cette heure étonnamment dénuée de morts tragiques, il y a eu nettement plus d’embrassades et de câlins que de flèches lancées ou de coups d’épée donnés. Il y a aussi eu quelques mains serrées entre des protagonistes phares ne s’étant encore jamais croisés.

 

Autre fait notable, si dans les livres de George R. R. Martin sur lesquels est basée (jusqu’à un certain point) la série créée par David Benioff et D. B. Weiss, les personnages féminins ne s’en laissent pas imposer, le temps semble les avoir rendues encore plus déterminées à l’écran.

Ce premier épisode intitulé Winterfell, là même où l’action s’est principalement déroulée, nous a plongés dans des palettes marines, noires et gris anthracite, sous la neige,et dans le froid. Mais il n’y a pas que le Nord qui s’est montré glacial. Plusieurs héros auront également fait preuve de retenue à l’égard de nouveaux venus sur leur territoire.

 


Les premières scènes ont donné lieu à une procession de soldats et de stars de l’histoire, montées sur des chevaux, debout parmi le peuple, ou assises confortablement dans des calèches. Comme pour nous dire : « Voyez ? C’est ici que ces gens sont rendus. »

Beaucoup de non-dits sont passés par des regards. Celui d’une reine, plongé dans l’eau et dans le vague. Celui d’une jeune fille suivant le vol de deux dragons. Ou encore celui d’un adulte lançant à l’adresse d’un adolescent qui était encore petit quand l’épopée a commencé : « Regarde-toi ! Tu es devenu un homme ! » Car c’est vrai qu’ils ont tous beaucoup grandi.

Vite, vite

L’épisode d’une heure fut rapide et rythmé. On y a parlé de loyauté, bien sûr, mais aussi de toutes ces choses que l’on ferait pour sa famille. (Pensée ici pour cet acte horrible que Jaime Lannister a autrefois dit faire « par amour ».) Certains se sont aussi demandé : si l’un des nôtres s’est agenouillé, est-ce pour sauver le Nord ou parce qu’il était aveuglé par la passion ? Les absents ont été évoqués.

Parce que c’est Game of Thrones, il y a également eu une scène de nudité et une autre s’étant résumée à une paire de pantalons remontés. Sans oublier cette petite séance de bisous incestueux. Mais à la décharge du principal intéressé, il n’était pas (encore) au courant que son arbre généalogique est lié à celui de sa flamme.

Photo: HBO

Sinon ? Eh bien, nous n’avons peut-être pas vu d’éléphants, mais nous avons vu des dragons. « Que mangent les dragons de toute façon ? », s’est du reste demandé l’une des protagonistes. En pleine séance d’amour, un autre a prié, exaspéré : « Est-ce qu’on peut arrêter de parler des putains de dragons ? »

Lesdits dragons ont occupé un temps d’antenne considérable, remplissant l’écran de leurs écailles et volant longuement dans le ciel, des héros sur leur dos, dans une séquence un peu bonbon.

Moment savoureux : celui où la production a fait un clin d’oeil à l’un de ses rares faux pas. À savoir : engager le crooner britannique Ed Sheeran pour jouer un soldat Lannister dans la septième saison. Une décision douteuse qui a poussé plusieurs fans à s’exclamer alors : « Mais que diable fait le type qui chante Shape of You à Westeros ? ! »

L’évocation de son destin dimanche soir allait comme suit :

«Tu sais ce garçon, Eddie ? Le rouquin ? Eh bien, il est rentré à la maison avec le visage tout brûlé. Il n’a plus de paupières.

— Comment fait-il pour dormir sans paupières ? »

Parmi d’autres répliques notables, notons « Beaucoup t’ont sous-estimée. La plupart sont morts » et « Vous voulez une reine ? Méritez-la ».

Photo: HBO

Sinon, en vrac, il y a eu : de l’insolence reprochée, un pardon demandé, des menaces d’exécution avancées et des saluts à des événements passés. Notamment celui fait au tout premier épisode de la toute première saison, Winter is Coming, dans lequel on voyait une fresque similaire de cadavres disposés de façon macabre.

Pour finir, notons enfin qu’il y a eu une immense révélation qui a fait fondre l’assurance de certains comme Snow, pardon neige, au soleil. Et des confrontations. Un sauvetage. Des retrouvailles entre vieux amis, et d’autres que l’on attendait de revoir depuis longtemps, plus par désir de vengeance que par ennui.

Il reste maintenant cinq épisodes avant la grande et ultime finale. Mieux vaut en profiter. Car, comme l’a lancé l’un des visages les plus connus de l’épopée : « C’est une vérité très déplaisante : rien ne dure. »