Sur vos écrans: briser le silence

Une image tirée de l’enquête «Abus sexuels sur les religieuses»
Photo: RDI Une image tirée de l’enquête «Abus sexuels sur les religieuses»

Rompre quelques vœux

 

Dévoilée le 5 mars dernier à la chaîne franco-allemande Arte, cette enquête-choc sur les viols et l’exploitation sexuelle de religieuses par des membres du clergé catholique depuis des décennies un peu partout dans le monde a ébranlé les autorités ecclésiastiques, et avec raison. Les journalistes Éric Quintin, Marie-Pierre Raimbault et Élizabeth Drévillon ont mis deux ans à monter ce documentaire dérangeant dans lequel témoignent des religieuses qui ont été agressées par des prêtres, souvent pendant de nombreuses années, et qui ont longuement hésité à dénoncer leur agresseur, brisant ainsi le vœu d’obéissance, ou qu’on a tout simplement refusé de croire. Outre ces courageuses victimes qui ont accepté de dénoncer leur agresseur, on entend des prêtres et religieux qui dénoncent ces pratiques, la loi du silence qui les a muselées trop longtemps et l’impunité dont profitent encore trop souvent les agresseurs, dont la thérapeute québécoise sœur Marie-Paul Ross, qui traite entre autres d’anciennes religieuses qui ont subi de telles agressions. En plus de souligner les conséquences funestes de ces habitudes condamnables (rejet par leurs communautés, avortements parfois tardifs, suicides…), le documentaire met en lumière l’inaction du Vatican face à ce phénomène, qui est connu des plus hautes instances depuis maintenant plusieurs années. Reste à voir si ce portrait peu reluisant poussera à l’action concrète.


Abus sexuels sur les religieuses : l’autre scandale de l’Église
RDI, jeudi et vendredi, 20h

 

Vaincre la peur de l’eau

 

Après la sortie d’un livre, voilà que la championne olympique de plongeon Sylvie Bernier raconte dans ce documentaire la terrible raison qui l’a empêchée de sauter à l’eau pendant 16 ans : la noyade de son neveu, sous ses yeux, dans une rivière gaspésienne. Ce récit d’une expérience traumatisante fait œuvre utile en rappelant l’importance de la sécurité lors de la pratique d’activités nautiques, même quand on est un bon nageur.


Sylvie Bernier : le jour où je n’ai pas pu plonger
Radio-Canada, samedi, 22h30

Photo: Radio-Canada Un patient présenté dans «Manoir»

Triste refuge

 

Manoir, de Martin Fournier et Pier-Luc Latulippe, nommé meilleur documentaire au Gala Québec Cinéma en 2017, présenté dans une version tronquée pour la télévision, n’a rien pour remonter le moral, même si son propos éclaire sur la façon dont on traite les personnes les plus fragiles de notre société. Tourné sur une longue période avant la fermeture définitive en 2012 du Manoir Gaulin, un taudis délabré où une trentaine d’anciens patients d’hôpitaux psychiatriques vivotaient dans l’indifférence, le film dresse le portrait patient et rempli d’humanité de ces résidents, abandonnés à leur sort.


Manoir
RDI, mercredi, 20h

Visionnement de la semaine

Dans les premières minutes de cette minisérie britannique en six épisodes, relayée par la plateforme numérique de la CBC, on ne sait pas trop si on est devant un drame ou une comédie, tellement le ton adopté par son créateur — qui tient également le rôle principal —, Lennie James (The Walking Dead), est un peu flou. Le suspense prend le dessus quand son personnage, un séducteur qui « squatte » chez ses nombreuses conquêtes, est accusé d’avoir enlevé sa fille qu’il n’a pas vue depuis une décennie. Le père irresponsable et volage part donc à la recherche de cette adolescente, dont les ravisseurs semblent avoir des intentions bien sombres. Bien troussé et rapidement addictif.

Save Me
CBC Gem, dès jeudi

Tolérance et espoir

Les films à connotation religieuse ne sont plus légion au petit écran le Vendredi saint… Si on étire le concept au-delà de l’histoire biblique, il y a ce magnifique et bouleversant drame de Xavier Beauvois, relatant avec sobriété les circonstances qui ont mené à l’enlèvement et au massacre de sept moines cisterciens de Tibhirine, en Algérie en 1996, des crimes imputés au Groupe islamique armé. Malgré les sombres événements qu’elle relate, cette oeuvre lauréate du Grand Prix du Jury à Cannes livre un message de tolérance et d’espoir qui transcende toutes les religions.

Des hommes et des dieux
TFO, vendredi, 21h