Apple frappe un grand coup avec TV +

Le géant des technologies a fait son annonce à son siège de Cupertino, en Californie, lors d’un événement qui rassemblait lundi des célébrités comme Reese Witherspoon et Jennifer Anniston.
Photo: Tony Avelar Associated Press Le géant des technologies a fait son annonce à son siège de Cupertino, en Californie, lors d’un événement qui rassemblait lundi des célébrités comme Reese Witherspoon et Jennifer Anniston.

Apple a fait monter sur scène lundi plusieurs stars d’Hollywood, dont Steven Spielberg et Jennifer Aniston, pour lancer son service de diffusion en continu qui proposera des contenus originaux, marquant ainsi son arrivée sur un marché en plein essor, pour l’heure dominé par Netflix.

La comédienne Reese Witherspoon et l’acteur Steve Carell ont pris part à l’événement. Avec Jennifer Aniston, ils seront à l’affiche d’une série produite par Apple, intitulée The Morning Show, et qui figurera au catalogue de ce service de vidéo en flux continu.

La célèbre animatrice de télévision Oprah Winfrey a également fait une apparition sur scène.

Le prix de ce service et les détails, tels que la date de lancement de celui-ci, « seront annoncés cet automne ».

Le réalisateur J.J. Abrams, qui a notamment dirigé des épisodes de Star Wars, va créer des contenus pour la plateforme d’Apple.

Le groupe, qui cherche à renforcer sa position dans le secteur des services, a en outre offert une cure de jeunesse à son application AppleTV, qui permet l’accès à d’autres chaînes en flux continu, comme HBO, a annoncé la marque en Californie.

Apple, dont le nouveau service était très attendu, devait frapper un grand coup face à ses concurrents actuels ou futurs sur un marché en pleine expansion, mené par Netflix et ses 140 millions d’abonnés, Amazon, Hulu, etc., bientôt rejoints par des poids lourds comme Disney et WarnerMedia.

Le « pouvoir du journalisme »

Apple a par ailleurs annoncé un service d’abonnement de presse, comprenant des quotidiens et plus de 300 magazines, baptisé News +, à 9,99 $ par mois.

Ce service, offert dès ce lundi aux États-Unis et au Canada, permet l’accès — grâce à une application unique — non seulement à des titres comme Marie-Claire ou National Geographic, mais également à des quotidiens américains (Los Angeles Times, The Wall Street Journal) ou canadiens (Le Devoir et The Star).

« Le Devoir est fier de faire partie de News + au Canada, a dit Brian Myles, directeur du quotidien indépendant. Le Devoir reste à l’affût des besoins de ses lecteurs et Apple News est une belle occasion de fournir un journalisme de qualité, en français, aux Québécois et aux francophones hors Québec. »

Le service sera offert d’ici quelques mois en Australie, puis en Europe, en commençant par le Royaume-Uni, a précisé le patron d’Apple, Tim Cook, lors d’un événement organisé au siège de la compagnie, à Cupertino.

« Nous croyons dans le pouvoir du journalisme et l’impact qu’il a sur nos vies. Nous pensons qu’Apple News + sera formidable pour les consommateurs et les éditeurs » de presse, a ajouté M. Cook.

Les relations entre la presse et les géants technologiques — en particulier Google et Facebook — sont notoirement difficiles, les premiers accusant les seconds de piller leurs contenus sans les rémunérer et de phagocyter leurs revenus publicitaires.

Apple a aussi annoncé un abonnement à des jeux vidéo, appelé Apple Arcade, qui permettra à partir de cet automne de télécharger des jeux sur son téléphone mobile ou son ordinateur.

« Il s’agit du premier service d’abonnement à des jeux » sur appareil mobile ou ordinateur, ont indiqué les responsables de la marque, ajoutant que les joueurs pourraient télécharger « plus de 100 jeux nouveaux et exclusifs ».

Apple a également annoncé lundi le lancement d’une carte de crédit, en collaboration avec la banque Goldman Sachs et MasterCard. Elle sera offerte aux États-Unis cet été.

Renforcer sa position dans les services est essentiel pour Apple, pressé de trouver d’autres relais de croissance que son iPhone, qu’il écoule encore par dizaines de millions chaque trimestre, mais dont les ventes ont baissé fin 2018, dans un marché du téléphone intelligent largement saturé.

Et c’est dans les services qu’Apple semble chercher un nouveau souffle : sur les trois derniers mois de 2018, le chiffre d’affaires tiré de ce secteur (Cloud, Apple Pay, iTunes, Apple Music…) a affiché une hausse de 19 %, à presque 11 milliards de dollars.

Outre des moyens financiers gigantesques, Apple a une force de frappe incomparable, avec 1,4 milliard d’iPhone ou d’iPad en circulation dans le monde, sur lesquels la marque préinstalle ses services.