«L’atelier des artisans»: le cœur sur la main

La caméra bienveillante de Daniel Léger capte chaque sourire et confidence, sans craindre ni les silences ni les anges qui passent souvent sans que quiconque s’en émeuve.
Photo: UNIS La caméra bienveillante de Daniel Léger capte chaque sourire et confidence, sans craindre ni les silences ni les anges qui passent souvent sans que quiconque s’en émeuve.

Que d’humanité se dégage de L’atelier des artisans, courtepointe patiente d’un monde en retrait, celui d’un groupe de travailleurs ayant une déficience intellectuelle. Niché à Memramcook, au Nouveau-Brunswick, le centre de travail et d’apprentissage l’Atelier artisan a ouvert ses portes au cinéaste Daniel Léger (Les inséparables, Un dimanche à 105 ans). À force de temps, ce dernier a réussi à saisir l’essence de cette aventure collective qui cherche à donner une seconde vie aux êtres comme aux choses.

Narrée avec une verve peu commune par Jean Landry, le bel « handyman » de la place, l’histoire dévide son fil par petites touches, au gré des tâches simples qui s’enchaînent au jour le jour : déchiqueter du papier, trier des bouteilles, travailler le bois, cuisiner de bons plats. « On est les artisans, on est beaux toute la gang », explique Jean, fier comme un paon. Les gestes sont lents, minutieux. L’atmosphère est légère, la fierté circule librement. « On fait tout à la main, from scratch. […] On est smarts, on est vaillants ! »

Certains parlent français, d’autres anglais, tandis que quelques-uns ne parlent pas du tout. Pourtant, tous se comprennent et s’épaulent. La caméra bienveillante de Daniel Léger capte chaque sourire et confidence, sans craindre ni les silences ni les anges qui passent souvent sans que quiconque s’en émeuve. C’est que le temps, les conventions ou les vicissitudes du monde autour n’ont pas de prise ici, où tout est prétexte au sourire. Un bel éloge à la force tranquille de la différence.

L’atelier des artisans

Unis, lundi, 21 h ; en reprise mercredi, 12 h 30, jeudi 1 h 30 et dimanche 14 h 30