Sur vos écrans: exercices identitaires et de style

Max, qui veut qu’on l’appelle Maxine, fait face aux réticences de ses parents.
Photo: Tou.tv Max, qui veut qu’on l’appelle Maxine, fait face aux réticences de ses parents.

Accepter la différence, en famille

 

 

La minisérie de fiction britannique Butterfly, désormais disponible en version française dans l’Extra de Tou.tv, aborde avec beaucoup de sensibilité et un certain didactisme le désir ardent, pour ne pas dire urgent, d’un préadolescent (formidable Callum Booth-Ford) qui s’est toujours identifié comme une fille, de montrer au grand jour « celle qu’elle est vraiment ». Max, qui veut qu’on l’appelle Maxine, fait face aux réticences de ses parents (Anna Friel et Emmett J. Scanlan, très justes dans des rôles périlleux), au premier chef, son père, qui arrive très difficilement à accepter l’identité sexuelle de son garçon. Le dramaturge Tony Marchant, qui avait déjà exploré le thème de la transsexualité dans le film Different for Girls, offre aux téléspectateurs l’occasion de découvrir en profondeur les personnages principaux afin de mieux saisir les enjeux moraux et sociaux complexes de cette situation familiale pas très courante. On en oublie les ficelles parfois un peu grosses du récit.


De Max à Maxine
Tou.tv Extra, dès jeudi

Photo: UNIS

Musiciens francos dans leur élément

 

Ceux qui ont suivi les quatre saisons de pérégrinations de musiciens de la francophonie canadienne dans la Ville Reine dans la série documentaire Balade à Toronto ne seront pas dépaysés devant cette nouvelle déclinaison. Le concept reste le même : chaque épisode donne l’occasion de découvrir l’univers musical et les inspirations d’un artiste ou d’un groupe musical franco, entre discussions et performances, cette fois-ci livrées dans leur ville ou village d’origine. La production gagne en authenticité et en intimité.

 
Balade
Unis, dimanche, 23h30.
Quelques épisodes sont déjà disponibles à unis.ca/balade


 

Exercices de style

 

Deux nouvelles fictions américaines qui font leur apparition cette semaine offrent des exercices de style plus ou moins clichés, inégalement réussis, mais donnent tout de même aux téléspectateurs qui s’y aventurent le goût de les regarder jusqu’à la fin… Dans la première, une comédie suivant le modèle du « duo improbable », Idris Elba (Luther) se glisse avec un plaisir évident dans la peau d’un artiste fauché, DJ à ses heures, qui devient un peu par accident la nounou de l’enfant gâtée de son ami à la carrière plus prospère. La seconde, une productionde Greg Araki, réalisateur d’une trilogie de films cultes sur « l’apocalypse adolescente », poursuit dans la même veine d’histoires de cœur et de cul de jeunes gens qui se cherchent dans une Los Angeles légèrement surréaliste. Ça navigue entre le drame de mœurs contemporain « blasé » aux images « explicites » et la science-fiction bas de gamme. Malgré tout ça, on veut voir la suite.

 
Turn Up Charlie (Charlie, monte le son en V.F.)
Netflix, dès vendredi
Now Apocalypse
Crave, dès dimanche

Le visionnement de la semaine

On serait tenté d’ajouter tout de suite « pour public averti »… C’est du moins ce qu’indique sans détour dans ses communications le géant du Web à propos de sa première série originale d’animation pour adultes, pilotée par Tim Miller (Deadpool) et David Fincher. La proposition devrait particulièrement plaire aux amateurs de cinéma fantastique, d’horreur et de science-fiction, puisque cette anthologie « internationale » se décline en 19 courts épisodes qui abordent l’amour, la mort et la robotique en mélangeant ces genres, produits par des équipes d’animateurs venant de partout sur la planète, incluant les États-Unis, le Canada, la Corée, la Hongrie et la France.

Love, Death & Robots
Netflix, dès vendredi

Une pionnière oubliée…

Le nom d’Anne Innis Dagg vous dit quelque chose ? Probablement pas. Et pourtant, cette biologiste, chercheuse et auteure ontarienne est une grande pionnière en matière d’étude d’animaux sauvages dans leur milieu naturel. Avant les Jane Goodall et Diane Fossey, elle s’est rendue dans des coins reculés d’Afrique du Sud pour étudier le comportement des girafes. Ses travaux sont encore une référence pour les chercheurs dans ce domaine. Ce documentaire, qui met en lumière son héritage, explique les tristes raisons de cet oubli…

La femme qui aimait les girafes
Canal D, jeudi, 22 h, rediffusion, dimanche, 21h

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