«Apprenti autiste»: autistiquement parlant

L’équilibre entre l’intime et la science est idéal.
Photo: Télé-Québec L’équilibre entre l’intime et la science est idéal.

Louis T. a le chic pour quadriller un sujet, le décortiquant jusqu’à l’obsession dans ses capsules Vérités conséquences, méthode qui fait des merveilles dans le pénétrant documentaire Apprenti autiste. Guidé par un souci de clarté exemplaire, l’humoriste part de son diagnostic de syndrome d’Asperger pour sonder les mystères du trouble du spectre de l’autisme (TSA) au moyen d’un savant mélange de faits pointus et d’observation distanciées qui font mouche à tout coup.

À la caméra, Gabriel Allard-Gagnon tient le gouvernail avec aplomb, se moulant à la personnalité rationnelle de son guide atypique à la gamme émotive rappelant la palette de couleurs d’un daltonien. « Les Asperger comme moi [ne] ressentent pas plus de sept [émotions] », dira-t-il. Et ils en usent mollement, se résumant souvent à « sept nuances de bof », ajoutera-t-il. Paradoxalement, la quête de Louis T. suscite, chez qui la partage et la regarde, de vrais transports. C’est que derrière s’agitent des humains dont la différence prend soudain un sens.

L’équilibre entre l’intime et la science est idéal. Pudiques, les segments avec sa conjointe, sa mère et son fils sont touchants, idem pour ces moments partagés avec des autistes de différents niveaux, tous très justes. À l’autre bout du spectre, intervenants médicaux et scientifiques éclairent sa quête avec une remarquable efficacité. Apprenti autiste offre ainsi de la haute voltige intellectuelle sans jamais forcer, ouvrant à une réflexion de fond qui se poursuivra immédiatement après, aux Francs-tireurs, en compagnie de Guylaine Guay, Patricia Paquin et Sophie Prégent, mères d’enfants touchés par un TSA.

Apprenti autiste

Télé-Québec, mercredi, 20 h ; en reprise jeudi, 14 h et le 3 mars, 20 h