TVA réclame 4,1 millions à Juste pour rire pour des galas non diffusés

Groupe TVA et Groupe Juste pour rire étaient liés par une entente de 15 millions de dollars pour la diffusion des galas Juste pour rire depuis 2012.
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir Groupe TVA et Groupe Juste pour rire étaient liés par une entente de 15 millions de dollars pour la diffusion des galas Juste pour rire depuis 2012.

Groupe TVA réclame plus de 4,1 millions au Groupe Juste pour rire pour des galas d’humour qu’il n’a pas diffusés à la suite du scandale d’inconduites sexuelles qui visait son président fondateur Gilbert Rozon.

« À l’ère actuelle de l’industrie télévisuelle et des médias sociaux, personne ne veut ou ne peut être associé à un individu — et par extension à son entreprise — dont l’intégrité du comportement sexuel est remise en cause », fait valoir Groupe TVA dans une poursuite déposée cette semaine au palais de justice de Montréal.

Groupe TVA et Groupe Juste pour rire étaient liés par une entente de 15 millions pour la diffusion des galas Juste pour rire depuis 2012.

En octobre 2017, alors que la vague de dénonciation #MoiAussi déferle au Québec, M. Rozon est visé par une série d’allégations d’inconduites sexuelles révélées par Le Devoir et le 98,5 FM. « Cette nouvelle a aussitôt créé une onde de choc dans le Québec en entier et même en France », peut-on lire dans le document.

Groupe TVA souligne également que dans les jours qui ont suivi, de nombreux artistes, humoristes et entreprises se sont dissociés publiquement du nom « Juste pour rire » et ont annoncé avoir coupé tout lien avec l’entreprise et son président fondateur. Dans les jours suivant ces révélations, Groupe Juste pour rire a annoncé avoir lancé un processus pour vendre les actions détenues par Gilbert Rozon.

« Compte tenu des graves accusations portées à l’encontre [M. Rozon] et de l’association intrinsèque de ce dernier aux Galas, TVA n’a eu d’autre choix que de suspendre indéfiniment leur diffusion dans ses divers médias », souligne l’entreprise de télédiffusion.

Or, Groupe TVA avait déjà versé d’importantes sommes au Groupe Juste pour rire pour acquérir les droits de diffusion de plusieurs galas d’humour. L’entreprise réclame l’équivalent de la valeur des droits de diffusion inutilisés depuis l’éclatement de l’affaire Rozon, soit 4 095 768 $. Elle réclame également le droit de refuser de verser à Juste pour rire le solde des montants dus pour l’acquisition de certains galas, soit 685 074 $ « La demanderesse note finalement que mis à part l’annonce de la vente des actions de M. Rozon, Juste pour rire n’a posé aucun geste concret pour atténuer l’impact du scandale sur son image ou celle de ses partenaires, ni n’a tenté de mitiger les dommages pouvant être subis par TVA de quelque façon que ce soit », note Groupe TVA dans sa requête.

Groupe TVA estime que Juste pour rire a violé ses obligations contractuelles envers lui en ne protégeant pas le contenu et la valeur des droits de diffusion. « Il est manifeste que JPR avait connaissance des gestes inconvenants posés par l’âme dirigeante de la société, ne serait-ce que parce que Gilbert Rozon en était l’alter ego, laquelle a donc choisi de fermer les yeux », estime Groupe TVA.

La requête devra être présentée prochainement devant un juge de la Cour supérieure du Québec.