«The Umbrella Academy»: les uns contre les autres

La facture visuelle développée par Steve Blackman n’a pas l’unité de la bédé, hélas, mais elle réserve des plans spectaculaires.
Photo: Netflix La facture visuelle développée par Steve Blackman n’a pas l’unité de la bédé, hélas, mais elle réserve des plans spectaculaires.

« Aucun individu n’est plus fort que la collectivité. » Le slogan derrière l’académie fondée par sir Reginald Hargreeves pour ses sept enfants adoptés s’inscrit en contradiction parfaite avec la réalité sur laquelle s’ouvre The Umbrella Academy. L’adaptation de la bédé primée de Gerard Way et Gabriel Bá par Netflix structure l’essentiel de sa trame narrative sur les fractures qui séparent cette famille aux pouvoirs extraordinaires forcée de se ressouder à la mort du patriarche.

Déjà, dans les pages, les dysfonctions familiales l’emportaient sur les prouesses de cette cohorte née le même jour d’un phénomène inexpliqué. À l’écran, leur inadéquation avec le monde et leur incapacité à s’entendre paraissent décuplées, non sans rappeler un certain Wes Andersen, la tendresse en moins. La facture visuelle développée par Steve Blackman n’a pas l’unité de la bédé, hélas, mais elle réserve des plans spectaculaires, comme ces scènes aux tons de rouge, de jaune et de vert magnifiées par des jeux d’ombres tout droit sortis d’une toile de Hopper.

L’esprit bédé reste palpable à travers l’enchaînement des plans, très variés, et la narration ponctuée d’arrêts sur image, dont certains épatent, comme ce plan en découpe du manoir qui les a vus grandir, alors que les enfants devenus adultes se mettent à danser dans leur chambre respective, liés par le même tube : I Think We’re Alone Now. Tout ce travail formel ne rachète cependant qu’en partie l’irritant d’une scénarisation poussive, que la richesse de l’univers aurait commandée plus inspirée.

The Umbrella Academy

Netflix, dès le 15 février