«One Day at a Time»: discrète réussite

Dans les deux premières saisons, il a été question d’identité culturelle et sexuelle, de dépendances, de santé mentale, de sexisme et de racisme, sans tomber dans la démonstration pédagogique inoffensive ni dans le mélo.
Photo: Netflix Dans les deux premières saisons, il a été question d’identité culturelle et sexuelle, de dépendances, de santé mentale, de sexisme et de racisme, sans tomber dans la démonstration pédagogique inoffensive ni dans le mélo.

Dans la flopée de comédies de situation familiales qui émaillent le petit écran américain, très peu ressortent du lot et font leur marque durablement. Tellement qu’il faut parfois dépoussiérer des classiques ayant une certaine portée sociale et politique pour rallier le public, comme ce fut le cas avec Roseanne, devenu une saison plus tard The Conners, pour les raisons que l’on sait…

La relecture moderne de la comédie One Day at a Time fait également partie de ce lot, et de façon nettement plus heureuse… Le producteur Norman Lear, un vétéran de ce genre (All in the Family, Maude), a repris sa série à succès et y a troqué la famille d’une mère célibataire blanche des années 1970 de l’originale pour celle d’une mère célibataire d’origine cubaine dans l’époque actuelle.

Les aventures du quotidien de Lupe (Justina Machado, très juste), une infirmière et vétérante de l’armée américaine victime d’un choc post-traumatique qui se reprend en main, mère de deux ados dégourdis, qui vit avec sa vieille mère qui a dans sa jeunesse fui le régime castriste (la souveraine Rita Moreno), respectent certes les codes bien définis de la sitcom classique. Mais elles abordent avec finesse, intelligence, émotion et une bienfaitrice dose de rigolade des sujets de société pas toujours comiques. Dans les deux premières saisons, déjà disponibles sur Netflix, il a été question d’identité culturelle et sexuelle, de dépendances, de santé mentale, de sexisme et de racisme, sans tomber dans la démonstration pédagogique inoffensive ni dans le mélo. Une comédie « à l’ancienne » résolument moderne, qui mérite le détour.

Au fil des jours (One Day at a Time en V.O.), saison 3

Netflix, dès vendredi