«Le miracle»: la madone prodigieuse

<p>«Il miracolo» a remporté le prix du jury au festival Séries Mania l'an dernier.</p>
Photo: Sky Italia Antonello & Montesi

«Il miracolo» a remporté le prix du jury au festival Séries Mania l'an dernier.

Après Elena Ferrante et sa phénoménale Amie prodigieuse, c’est au tour d’un autre monument littéraire italien, Niccolò Ammaniti, de jouer dans la grande cour télévisuelle. Et avec la même superbe réjouissante. L’auteur de Je n’ai pas peur et de Comme Dieu le veut écrit et réaliseLe miracle (Il miracolo), une minisérieténébreuse jonglant entre polar métaphysique et étude de moeurs sur laquelle Super Écran a eu le flair de mettre la main.

Prix du jury au festival Séries Mania l’an dernier, Il miracolo s’ouvre sur la découverte d’une Vierge de plastique pleurant des larmes de sang humain (neuf litres par heure !) aux côtés d’un chef mafieux. La trouvaille, déroutante pour la police comme pour la science, devient vite affaire de sécurité nationale dans une Italie fragilisée par la menace imminente d’un Brexit à l’italienne. Le prodige concentre aussi une série de crises de foi au sein de la société italienne, que l’on détaille à travers les figures bien dessinées du premier ministre, de la scientifique, du policier et du prêtre.

Une tristesse infinie se dégage de l’ensemble, la perte de repères chez ces êtres éteints, en quête de lumière ou pas, étant esquissée avec beaucoup de subtilité à travers des jeux de caméra habiles et des cadrages maniaques que ne renierait sans doute pas Paolo Sorrentino, le réalisateur de la mordante série The Young Pope. Ammaniti le fait toutefois dans un registre plus contrasté, et surtout moins léché, où croyants et athées, riches et pauvres, paumés et respectables se fondent sans manichéisme. Confondant et passionnant.

Le miracle (Il miracolo)

Super Écran, jeudi, 23 h