«Mononcle»: que sont nos mononcles devenus?

Fabien Cloutier est parti sur les traces de ce personnage coloré apparu au Québec au XIXe siècle.
Photo: Télé-Québec Fabien Cloutier est parti sur les traces de ce personnage coloré apparu au Québec au XIXe siècle.

Le mononcle a la vie dure. Aux stéréotypes habituels (peu éduqué, mal embouché, fermé sur le monde) se sont ajoutés ceux d’une frange unanimement décriée (sexiste, grossier, voire carrément déplacé). Le comédien, dramaturge et humoriste Fabien Cloutier est parti sur les traces de ce personnage coloré apparu au Québec au XIXe siècle, devenu depuis hautement controversé jusqu’à devoir montrer patte blanche pour garder sa place dans l’imaginaire collectif.

L’aiguillon ? Une simple boutade lancée à son intention dans une quincaillerie où il discutait le bout de gras (un peu fort) avec un commis : « Pas envie de parler plus fort, le mononcle ! ? ! » Notre animateur s’est demandé en quoi et, surtout, pourquoi cette épithète l’avait piqué au vif, lui qui aime pourtant son propre mononcle d’un amour sans concession. Auprès d’experts de toutes sortes, il s’astreint à définir le prototype du mononcle, forcément protéiforme, ce qu’il arrive à faire avec intelligence et humour, doublé d’un supplément de tendresse.

C’est cependant dans sa rencontre avec d’authentiques spécimens (du bizouneux au mentor en passant par le travaillant), tous plus sympathiques les uns que les autres, que le documentaire frappe le plus fort. Réalisée par Yves Pelletier et scénarisée par Hugues Bélanger, cette enquête sociologico-humoristique se révèle d’une réjouissante fraîcheur. Ludique à souhait, mais appliquée dans les détails et les faits, Mononcle fait flèche de tout bois avec tout le bagout qu’on attend… d’un mononcle rompu à l’art de raconter des histoires.

Mononcle

Télé-Québec, mercredi, 20 h. En reprise jeudi à 23 h et dimanche à 20 h.