«Le gros laboratoire»: des expériences menées sur 100 Québécois

Réunis pendant une semaine dans les murs de l’Université Bishop’s, 100 cobayes volontaires ont joué les rats de laboratoire.
Photo: ICI Explora Réunis pendant une semaine dans les murs de l’Université Bishop’s, 100 cobayes volontaires ont joué les rats de laboratoire.

« On veut vérifier scientifiquement les mauvais plis de notre cerveau », lance Marie-Pier Élie lors d’un épisode du Gros laboratoire, la nouvelle production télé d’ICI Explora qu’elle mène avec Jean-René Dufort. Ensemble, ils portent la dizaine d’émissions de cette divertissante adaptation d’un format hollandais où science rime avec expériences.

L’idée est simple, mais stimulante. Réunis — lire enfermés — pendant une semaine dans les murs de l’Université Bishop’s, 100 cobayes volontaires, représentatifs de la population québécoise, ont littéralement joué les rats de laboratoire le temps d’un peu plus de 40 tests divers.

« C’est une émission qui ne ressemble à rien, estime Jean-René Dufort. C’est pas un reality show, c’est une émission scientifique, mais en même temps il y a beaucoup de plaisir là-dedans. »

On rigole en effet souvent dans Le gros laboratoire, mais la méthode est réfléchie, Marie-Pier Élie assurant avoir été « gossante » en tant que gardienne de la méthode. « Il faut que ce soit un habile dosage, mais on n’a pas la prétention de publier ces résultats-là dans une publication spécialisée revue par les pairs, dit Marie-Pier Élie, ancienne du Code Chastenay et de La revanche des nerdz. En même temps, si on n’a pas un certain protocole, ça devient du n’importe quoi et ce n’est plus intéressant. »

Toutes les expériences incluent la centaine de cobayes. Parfois les tests sont physiques, ailleurs plus psychologiques ou comportementaux. Les résultats finissent par parler de nous comme être humain, de nous comme Québécois, voire de nous comme hommes et femmes.

Dans le lot des expériences, Le gros laboratoire a par exemple essayé de savoir si les vieux ont une odeur distinctive, si les encouragements d’une foule aident les athlètes, si on lance le dé plus fort pour obtenir un « 6 » qu’un « 1 », si l’on est plus généreux envers une artiste au discours touchant, et on en passe.

Avant et après chaque cas d’étude, Dufort et Élie présentent l’expérience et puis l’analysent, livrant des statistiques sur le comportement des cobayes, qu’on nomme à la télé par leur numéro.

Lors de la présentation de presse du Gros laboratoire, une des cobayes, Jackie, a assuré qu’ils ont été « toujours très spontanés. On voulait bien le faire. On ne le faisait pas pour la télé ».

Le lieu de tournage, immense, est pratiquement devenu un personnage de cette émission « presque ésotérique », estime Jean-René Dufort. « On l’a habité pendant une semaine, on a dormi dans les mêmes dortoirs, ç’a été presque une colonie de vacances. Et autant l’équipe que les cobayes en sont ressortis transformés. »

Ils ne sont peut-être que 100 dans le laboratoire, mais il reste que les résultats ont certainement la capacité d’allumer les discussions dans les foyers québécois, estiment les animateurs du Gros laboratoire. Comme cette expérience où l’on simule des attaques faites par des Blancs et des Noirs, et où l’on teste les préjugés des cobayes équipés d’une fausse arme.

Ce qui a été difficile à organiser, c’est l’organisation de l’espace à l’Université Bishop’s, car « il ne fallait pas que les groupes se croisent, dit Dufort. Il ne fallait pas que les cobayes puissent avertir les autres de ce qui allait arriver, et ç’a été un gros travail ».

Conclusion de toute cette aventure ? « L’être humain est une cristi de belle bibitte, lance Marie-Pier Élie. Ç’a été un privilège de pouvoir en avoir 100 devant nous, de les voir agir et interagir. »

Le gros laboratoire

À ICI Explora, mercredi, 21 h, du 19 décembre au 20 février. En reprise les vendredis et dimanches, 20 h.