«Icebox»: froide indifférence

Daniel Sawka raconte ce chapitre sombre de l’histoire américaine à travers la figure attachante d’Oscar, un jeune Hondurien de 12 ans recruté de force par le sanguinaire gang Barrio 18.
Photo: HBO Daniel Sawka raconte ce chapitre sombre de l’histoire américaine à travers la figure attachante d’Oscar, un jeune Hondurien de 12 ans recruté de force par le sanguinaire gang Barrio 18.

Icebox, le titre du film de Daniel Sawka, résume autant le froid qui règne la nuit dans les centres de détention pour enfants illégaux disséminés le long de la frontière américaine que l’indifférence glaçante qu’on leur réserve. Lancé en septembre dernier au TIFF, peu après le scandale de la séparation des familles de migrants par le gouvernement Trump, Icebox fait passer les manchettes du côté de la fiction dans une tradition rodée depuis longtemps par Hollywood.

Daniel Sawka raconte ce chapitre sombre de l’histoire américaine à travers la figure attachante d’Oscar, un jeune Hondurien de 12 ans recruté de force par le sanguinaire gang Barrio 18. Forcé à l’exil, il se rend jusqu’en Arizona, où il sera intercepté pour être placé en détention, encagé comme des centaines d’autres jeunes en attente d’un procès. Présent sur presque tous les plans, Anthony Gonzalez est époustouflant de fragilité. À la vérité, tous les enfants sont animés d’un naturel confondant qui insuffle beaucoup de vie à un ensemble, hélas, plus figé.

Rigoureusement linéaire, le récit de Sawka prend en effet des allures de fable proprette que son rythme alangui lisse inutilement. Oscar demeure à l’abri du pire, harceleurs et agresseurs étrangement hors coursetout au long de sa quête. Reste une atmosphère oppressante, paralysante, que même les meilleurs sentiments n’arrivent pas à dégeler complètement. Et ce n’est peut-être pas un si grand mal ; ce faisant, Icebox réussit tout en douceur à désarçonner bien des discours que la raison n’était pas arrivée à ébranler autrement.

Icebox

Vendredi, HBO, 20 h. Sur HBO NOW et HBO Go à partir du samedi 8 décembre.