«Erreur fatale»: à qui la faute?

La mécanique du deuil est imbriquée à une critique sociale étonnamment bien campée, bien qu’elle soit livrée avec une lourdeur atroce.
Photo: ICI Radio-Canada La mécanique du deuil est imbriquée à une critique sociale étonnamment bien campée, bien qu’elle soit livrée avec une lourdeur atroce.

Conçue sans grandes ambitions, la minisérie Trauma a déchiré les Britanniques l’hiver dernier au point de faire surchauffer les claviers des critiques et des quidams avec sa finale cousue de fil blanc. Cela n’a pas empêché Radio-Canada de repiquer à ITV sa dramatique en trois épisodes, qui sera diffusée au Québec sous le titre équivoque d’Erreur fatale.

Il y a du bon dans ce thriller étouffant qui débute avec l’attaque au couteau d’un garçon de 15 ans. Ce dernier succombera à ses blessures sur la table d’opération du Dr Jon Allerton sous les yeux mêmes de son père impuissant, Dan Bowker, qui trouvera chez le chirurgien le coupable dont il a besoin pour accuser le choc de cette mort absurde.

Le duel entre les deux pères, en soi une rareté sur nos écrans, n’est pas dénué d’intérêt. Le premier respire la réussite, le second peine à vivoter. Dans la peau du père en perte de repères, John Simm (Life on Mars, Dr Who) épate, même quand il aligne les pires tirades manichéennes. Drapé dans sa superbe, Adrian Lester joue quant à lui de prudence sur une très petite surface de jeu.

La mécanique du deuil est imbriquée à une critique sociale étonnamment bien campée (méritocratie et élitisme s’y font joyeusement varloper), bien qu’elle soit livrée avec une lourdeur atroce. Ce qui ne rachète en rien l’ineptie renversante des personnages de ce drame hyperbolique dont le titre annonce crûment les couleurs. So bad, it’s good, diraient les Brits ? Le doute est ici de mise.

Erreur fatale

Radio-Canada, lundi, 20 h