«Escape at Dannemora»: triangle carcéral

Dans la peau des évadés, Paul Dano et Benicio Del Toro sont formidables de roublardise et de détresse amère.
Photo: Showtime Dans la peau des évadés, Paul Dano et Benicio Del Toro sont formidables de roublardise et de détresse amère.

C’était déjà de la dynamite à fiction. En juin 2015, deux prisonniers, David Sweat et Richard Matt, réussissaient l’impossible après avoir percé le mur épais de leur cellule pour s’évader de la prison à sécurité maximale de Dannemora dans l’État de New York, à quelques kilomètres de la frontière québécoise. Plus 500 policiers ont été mobilisés dans une chasse à l’homme qui a mis au jour un ingénieux système, la corruption ordinaire d’agents et un trio amoureux moins banal.

Escape at Dannemora ne révolutionne pas la minisérie carcérale, qui, sans être épuisée, commence à être sérieusement usée. Elle donne néanmoins une fabuleuse leçon de jeu : intense et confondante. Dans la peau des évadés, Paul Dano et Benicio Del Toro sont formidables de roublardise et de détresse amère. Face à eux, Patricia Arquette épate encore plus en professeure d’atelier de couture désenchantée qui couche avec l’un et l’autre pour se désennuyer.

Le sexe est cru, tout comme le quotidien est rude, noirci par des plans de caméras qui ne cachent rien. La musique pop, omniprésente, accentue le décalage. Le scénario est mal ramassé, longueurs et répétitions sont agaçantes. Reste qu’à la barre de cette tragédie américaine, Ben Stiller sauve la mise en multipliant les points de fuite pour mieux faire basculer les regards, les nôtres, sur cette faune si particulière, comme ceux des prisonniers et des geôliers, entre eux et sur eux-mêmes. Remettant ainsi l’humain au premier plan.

Escape at Dannemora

Showtime et CraveTV, dimanche, 22 h