«Sally4ever»: étrange sortie de placard

La scénariste et réalisatrice emprunte le canevas de l’épouse malheureuse qui retrouve le sourire grâce à une aventure amoureuse homosexuelle.
Photo: HBO Canada La scénariste et réalisatrice emprunte le canevas de l’épouse malheureuse qui retrouve le sourire grâce à une aventure amoureuse homosexuelle.

Détestateurs de fictions comiques qui carburent aux « malaises » et autres choqués par les scènes sexuelles un tant soit peu explicites, évitez cette comédie de la Britannique Julia Davis. Cette coproduction britannico-américaine risque de faire jaser, et ce, pour diverses raisons.

La scénariste et réalisatrice emprunte le canevas de l’épouse malheureuse qui retrouve le sourire grâce à une aventure amoureuse homosexuelle, pour mieux le détourner et en faire une comédie noire, qui flirte avec les gags de fluides corporels… La Sally du titre, incarnée avec sobriété par la comique Catherine Sheppard, une banlieusarde à l’aube de la quarantaine, terne et résignée, s’ennuie ferme avec son conjoint soporifique et obsessif (Alex McQueen, parfait dans ce rôle ingrat).

Le jour même de la demande en mariage pathétique de ce dernier, qu’elle n’accepte que pour avoir la paix, elle cède aux charmes d’une exubérante artiste (Julia Davis, qui s’attribue le rôle de la vipère). Cette rencontre révélatrice se transformera en une relation un peu trop envahissante à son goût. En parallèle, on suit sa vie de bureau dans une agence de publicité qui semble tout droit sortie de The Office.

L’atmosphère de malaise perpétuel — suscitée habilement par la banalité tristounette de certaines scènes absurdes, par d’autres où sont mis en avant les bruits et liquides corporels de toutes sortes, et par des élans parodiques dignes de comédies adolescentes — peut rendre l’écoute de cette série comique parfois pénible, même pour les esprits les plus « ouverts ». Sally4ever reste néanmoins une proposition rafraîchissante dans l’univers souvent très prévisible de la comédie aux contours romantiques. L’essayer, c’est peut-être l’adopter…

Sally4ever

HBO, dimanche, 22 h 30