«Plan B», les limites de la parentalité au féminin

Mettant en vedette Sophie Lorain (à gauche), cette nouvelle saison respire mieux et laisse entrevoir aux téléspectateurs un peu plus de lumière.
Photo: Véro.tv Mettant en vedette Sophie Lorain (à gauche), cette nouvelle saison respire mieux et laisse entrevoir aux téléspectateurs un peu plus de lumière.

Après avoir cartonné au moment de sa diffusion au printemps 2017 — en témoigne d’ailleurs le Gémeaux de la meilleure série dramatique remporté par ses créateurs lors du dernier gala —, la série Plan B revient en force cet automne alors que les six épisodes de la deuxième saison sont déposés en bloc mercredi dans la section Véro TV d’ICI Tou.tv. Et soyez rassurés : inutile (bien qu’intéressant) d’avoir visionné la saison précédente pour pleinement apprécier la nouvelle intrigue, celle-ci n’ayant aucun lien direct avec la saison 1. Ou si peu.

Car c’est tout de même avec plaisir qu’on retrouve cette idée de voyage dans le temps. Tout en simplicité, ce dernier est, encore une fois, exploité avec finesse et s’arrime bien au genre d’intrigue imaginé par Jean-François Asselin et Jacques Drolet. Mais alors que les épisodes de la première saison, diffusée à l’époque sur les ondes de Séries +, suivaient les tribulations amoureuses (et temporelles) d’un couple aux limites de l’implosion, cette seconde mouture explore, sans filtre, les zones d’ombre d’une relation mère-fille chancelante.

Ombre et lumière

Et zones d’ombre il y a, la série explorant, tour à tour, la part de responsabilité des parents dans le bonheur de leurs enfants, les lourdeurs de l’adolescence et les limites de ce qu’une seule et même personne peut avoir dans sa vie. Dur constat que, rappelons-le, le sombre protagoniste de la première saison (incarné par Louis Morissette) avait découvert à ses dépens, et au rythme de ses multiples voyages spatio-temporels.

Cette fois, les six nouveaux épisodes d’une heure chacun sont campés dans la vie de Florence Morin (Sophie Lorin, très juste), une femme de tête, mère de famille et féministe. La vie de cette animatrice d’une émission de radio matinale au sommet de sa gloire bascule dramatiquement lorsque Marilou, sa fille de 15 ans (Émi Chicoine), s’enlève la vie. Cette scène — un plan-séquence hypnotique de sept minutes — jette les bases de la série. Tout au long de la saison, Florence tente d’éviter que ce drame se produise en reculant dans le passé par l’entremise des services de la mystérieuse agence Plan B. Évidemment, les choses ne seront pas si simples. Réparer l’irréparable ayant un coût, et pas que financier.

On découvre ainsi une famille éclatée, étouffée par les non-dits et les remords, la responsabilité du drame étant reportée sur les épaules de l’un et de l’autre, à mesure que Florence, notre protagoniste, remonte le temps. Et si l’oeuvre, dans son ensemble, flirte avec quelques clichés (il faut bien garder le rythme narratif), le drame tient le spectateur captif, appelant à une écoute en rafale. À l’image de celle de la première saison, la finale laisse place, une nouvelle fois, à l’interprétation.

Résolument dramatique — on demeure après tout dans les mêmes eaux que la première mouture de Plan B —, cette seconde saison, toujours produite par Louis Morissette, respire mieux et laisse entrevoir aux téléspectateurs un peu plus de lumière. On pense ainsi à cet intermède familial à Québec lors du troisième épisode, aux fous rires en studio ou, encore, aux sourires rares mais complices entre cette mère et sa fille.

Car, par-delà le drame, c’est tout de même de ça qu’il est question dans cette seconde saison. De l’importance de la figure maternelle et des dures limites de la parentalité au féminin. La courte série couvre ainsi une variété de thèmes qui nous ramènent brutalement à la quête du personnage central, et des femmes de manière plus générale. On y parle donc de féminisme, de conciliation travail-famille, d’ambition féminine (et des remords qui viennent trop souvent avec), de charge mentale… mais aussi d’amour, de maternité assumée, d’implication sociale et de carrière mirobolante. La trame dramatique devient donc un bon prétexte pour poser, une fois de plus, une importante question : les femmes peuvent-elles vraiment tout avoir ?

Plan B, saison 2

Dans la section Véro TV d’ICI Tou.tv Extra, à compter du 7 novembre