Une deuxième saison de terreurs Web pour Sébastien Diaz

L’équipe de création derrière «Terreur 404» — Sébastien Diaz (notre photo) à la réalisation, Samuel Archibald et William S. Messier au scénario — a refusé de diffuser des épisodes supplémentaires au début de 2017. Pas pour longtemps: le jour de l’Halloween, la plateforme Tou.tv rendra accessibles sept nouveaux épisodes.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir L’équipe de création derrière «Terreur 404» — Sébastien Diaz (notre photo) à la réalisation, Samuel Archibald et William S. Messier au scénario — a refusé de diffuser des épisodes supplémentaires au début de 2017. Pas pour longtemps: le jour de l’Halloween, la plateforme Tou.tv rendra accessibles sept nouveaux épisodes.

La liste recensant les sept prix et les nombreuses nominations s’allonge sur presque trois pages. Du « Best Horror » (Seoul Webfest) aux multiples reconnaissances de la qualité des textes, de la mise en scène ou de l’interprétation : la websérie Terreur 404 n’a pas été un coup d’épée dans le grand océan Internet. D’un grand réalisme, lié à notre dépendance aux écrans, son mélange d’horreur et de supports technologiques défaillants a visiblement plu.

Lancés en mars 2017, les huit épisodes — de courts récits d’une durée moyenne de 10 minutes chacun — ont si vite fait fureur que, dès les premières semaines, il a été question de mettre en ligne un nouveau lot. À tout le moins, les producteurs de Casablanca auraient aimé un spécial pour l’Halloween 2017 ou pour la Saint-Valentin.

L’équipe de création derrière Terreur 404 — Sébastien Diaz à la réalisation, Samuel Archibald et William S. Messier au scénario — a cependant mis un holà. Pas pour longtemps : le jour de l’Halloween, la plateforme Tou.tv rendra accessibles sept nouveaux épisodes.

« On n’avait même pas roulé en festival qu’on nous commandait la deuxième saison. On n’a pas voulu tout de suite, on est très occupés. C’est comme un projet parascolaire… qui prend beaucoup de place », commente Sébastien Diaz. Ses collègues et lui ont fini par céder sous « la pression », et les nouveaux Terreur 404 ont été tournés cet été.

L’animateur télé, parce que, oui, il s’agit de lui (Formule Diaz, Format familial), est aussi réalisateur. Il se fait la main depuis un certain temps pour ses différents projets télés, y compris le talk-show dérivé de l’émission Série noire. Terreur 404 le pousse cependant dans la fiction. Avec le bonheur de le faire dans l’horreur et dans l’erreur technologique.

« On la vend davantage comme une série sur l’étrangeté, précise le webcinéaste. La base, c’est la technologie. C’est quoi, le pire qui peut arriver ? Une fille qui se fait un selfie avec une morte, ça nous amène où ? »

On n’avait même pas roulé en festival qu’on nous commandait la deuxième saison. On n’a pas voulu tout de suite, on est très occupés.

L’étrangeté, celui du cauchemar « Erreur 404 » lié à « des pages qui n’existent pas », a pris de multiples formes, entre le vol d’identité et la vidéo virale qui rend fou. La saison 2 mettra en scène une poupée gonflable commandée en ligne, une montre intelligente qui fait voyager dans le temps et même une histoire de fantômes.

Les violons en sus

Ni parano ni indifférent, Sébastien Diaz affirme être « comme tout le monde », remettant en question notre dépendance aux machines sans pour autant réussir à s’en affranchir. « Je plaide coupable. Dans plusieurs épisodes, moi-même j’aurais pu être pris au piège », concède-t-il sans gêne.

Il ne renie pas son époque, mais l’ex-animateur de l’émission culturelle Voir a un faible pour le passé. Il s’assume geek, couleur vintage. Pour des plans serrés sur Marc Messier, l’acteur au coeur de l’épisode avec la poupée gonflable, Diaz lançait un « On sort la lentille Polanski », celle que le réalisateur polonais utilise dans sa trilogie Les appartements maudits (Le locataire, Rosemary’s Baby, Répulsion).

« C’est une lentille 14 mm, très large, qui déforme un peu, mais qui permet d’être près des acteurs. On est dans leurs têtes », explique Sébastien Diaz.

Sa passion pour la science-fiction et pour l’horreur l’a incité à courir après John Carpenter à Los Angeles, à collectionner des disques de musique de films et à vénérer le cinéma italien des années 1970, celui des Dario Argento et Lucio Fulci.

« L’au-delà de Fulci, un film de zombies, est sorti l’année de ma naissance. C’est mon film d’horreur préféré », dit celui qui est notamment fasciné par sa trame sonore.

Ses références incluent la série culte The Outer Limits et les « vieux Hitchcock ». Du maître du suspens, il apprécie « les caméras très placées », mais surtout, en grand mélomane, Psycho et les cordes de Bernard Hermann, le compositeur attitré du cinéaste britannique. « C’est dur à battre. On dirait que tout est là, et c’est fait avec une économie de moyens, avec peu de musiciens en studio. »

Il n’est pas que mélomane, Sébastien Diaz. Il est aussi compositeur, de ses propres émissions. Et pour Terreur 404, les violons très Hermann, et donc très Hitchcock, que l’on entend, ce sont les siens. Maniaque, il aime la précision et crée « la musique à l’image ». « Je traîne mon clavier au montage, c’est pratique, dit-il. On enregistre la musique de base à l’avance et au montage, s’il manque un petit quelque chose, j’improvise. Ce sont les mêmes tonalités, un motif qui se répète à l’infini. »

Sébastien Diaz aimerait un jour réaliser un long métrage de fiction. Pour le moment, il s’amuse dans cette série, prend goût à mettre en images les scènes autoréférentielles proposées par les scénaristes. La télévision, cet objet presque vintage, sera souvent montrée à l’heure des nouvelles.

« Comme on est dans un univers clos, les nouvelles parlent de Terreur 404, de [l’épisode] La maison des amants, de la poupée gonflable déréglée… », avance le réalisateur, sourire en coin, avare de détails.

Terreur 404, saison 2

Tou.tv, dès mercredi