«Faire œuvre utile»: les bienveillances culturelles

La série en dix épisodes débute sur une histoire d’une violence inouïe, celle subie par Annick, dont l’amoureux meurt assassiné alors que le couple se prépare à accueillir son premier enfant.
Photo: Artv La série en dix épisodes débute sur une histoire d’une violence inouïe, celle subie par Annick, dont l’amoureux meurt assassiné alors que le couple se prépare à accueillir son premier enfant.

L’art, un outil de bienveillance ? C’est la conviction de la journaliste Émilie Perreault, qui, avec Faire œ​uvre utile aux Éditions Cardinal, en avait déjà couché quelques exemples éloquents sur papier. Voici que ceux-ci passent à l’écran, gagnant en profondeur dramatique au fil des rencontres sans filtre, au risque de verser dans le mélo.

La série en dix épisodes débute sur une histoire d’une violence inouïe, celle subie par Annick, dont l’amoureux meurt assassiné alors que le couple se prépare à accueillir son premier enfant. Cherchant à donner un sens à ce deuil impossible, Annick contacte le peintre Marc Séguin. Dans un monde où les repères religieux et moraux se délitent, il opposera humblement ceux d’un art cathartique.

Tire-larmes, cette rencontre authentique est bouleversante, au point de faire paraître pâle la suivante, qui lie la chanteuse Ingrid Saint-Pierre à Martin. L’admirateur d’Eminem et Disturbed trouvera du réconfort dans la délicatesse d’une chanson lui permettant de mettre des mots sur son chagrin de voir sa grand-mère se perdre dans les méandres de la maladie d’Alzheimer.

On s’étonne tout de même d’entendre si peu parler d’art dans ce premier épisode englué par les émotions. Le montage, plombé par un habillage musical appuyé et des plans répétitifs guère inspirés, n’y est sans doute pas étranger. Reste qu’Émilie Perreault connaît bien ces histoires-là, louvoyant avec aisance entre les confidences, jusqu’à, oui, faire œuvre utile.

Faire oeuvre utile

Artv, vendredi, 20 h ; en rappel samedi à 18 h, dimanche à 19 h et lundi à 22 h 30.