«Corps à la carte»: Mutants

<em>«Corps à la carte»</em>, de Jean-Simon Chartier («<em>Playing Hard»</em>), s’intéresse à la médecine esthétique, dont les balbutiements remontent au lendemain de la Première Guerre mondiale.
Photo: Radio-Canada «Corps à la carte», de Jean-Simon Chartier («Playing Hard»), s’intéresse à la médecine esthétique, dont les balbutiements remontent au lendemain de la Première Guerre mondiale.

Tout le monde rêve d’être beau. Et de plus en plus, tout le monde rêve d’avoir l’air jeune. Le Québec étant sur la voie de devenir l’une des plus vieilles sociétés en Occident, bon nombre d’entre nous auront l’envie de passer sous le bistouri. Outre le fait que les signes de vieillissement — surtout chez les femmes — ne trouvent plus grâce aux yeux de tous, ce qui trouble encore plus, c’est que cette quête de beauté et de jeunesse débute bien avant l’apparition des marques de sénescence. Et si à trop vouloir atteindre la perfection l’être humain se déshumanisait au gré de l’évolution de la science ?

Premier documentaire de la nouvelle série de Radio-Canada Doc Humanité, Corps à la carte, de Jean-Simon Chartier (Playing Hard), s’intéresse à la médecine esthétique, dont les balbutiements remontent au lendemain de la Première Guerre mondiale, où l’on tentait de redonner un visage humain aux gueules cassées. Or, dans ce documentaire, il est plutôt question de remplir les ridules de Botox, de raccourcir le nez de quelques millimètres ou de procéder à une augmentation mammaire. Superficiel, vous dites ? Oui, mais révélateur d’un mal-être conditionné par une société axée sur l’apparence.

Afin de relever le niveau des propos des patients, Jean-Simon Chartier a fait appel à des intervenants provenant de divers domaines, parmi lesquels l’historien Laurent Turcot, la sexologue Jocelyne Robert et la directrice du Réseau québécois d’action pour la santé des femmes Lydia Assayag. L’expérience se poursuit sur le site interactif à ici.radio-canada.ca/corpsalacarte.

Corps à la carte

Radio-Canada, samedi, 22 h 30