«Comme un caillou dans la botte»: sur les traces des vendeurs ambulants d’Italie

Devant le flot de réfugiés qui cogne aux portes de l’Europe, la main-d’oeuvre immigrante est moins bienvenue qu’autrefois.
Photo: Hélène Choquette Devant le flot de réfugiés qui cogne aux portes de l’Europe, la main-d’oeuvre immigrante est moins bienvenue qu’autrefois.

On les voit dans les villes d’Italie, offrant leurs babioles aux touristes et aux passants, immigrants illégaux tentant d’arracher un coin de bien-être à l’Europe entre deux raids de police. Comme un caillou dans la botte, le documentaire d’Hélène Choquette propose de suivre ces immigrants des rues de Florence jusque dans leur pays d’origine, au Sénégal.

C’est sur les entrefaites de trois assassinats de ces vendeurs ambulants issus du Sénégal dans les rues de Florence que ce film a été tourné. Or, en remontant le fil de l’histoire de ces vendeurs jusqu’au Sénégal, on découvre tout un autre pan de leur vie. En fait, cette migration est inscrite comme une tradition au sein de bien des familles sénégalaises. Les « migrants », comme on les appelle, sont bien vus de leur famille, plus encore que ceux qui décident de rester au pays. Cela est vrai même lorsque les migrants en question ne réussissent pas vraiment dans leur pays d’accueil.

La véritable force de ce film est donc de lever le voile sur les origines de cette immigration. La réalité, cependant, n’est généralement pas à la hauteur du rêve. Le mythe de l’eldorado européen demeure entretenu, de génération en génération. Mais de nouvelles voix s’y opposent, notamment celles de mères ayant perdu leur fils sur des pirogues de fortune s’élançant vers l’Europe.

Devant le flot de réfugiés qui cogne aux portes de l’Europe, la main-d’oeuvre immigrante est moins bienvenue qu’autrefois.

Et le racisme, quant à lui, prolifère, comme les meurtres des dernières années à Florence en témoignent.

Comme un caillou dans la botte, dans le cadre de 1001 vies

Radio-Canada, samedi, 19 h