«Déracinés»: désillusions d’immigrants

Scène tirée de «Déracinés (Un pays dans mon taxi)»
Photo: Francois-Leger-Savard Scène tirée de «Déracinés (Un pays dans mon taxi)»

Premier long métrage documentaire de Behzad Adib, diplômé de l’INIS né en Iran et ayant fait ses études en médecine en France avant de s’installer au Canada, Déracinés (Un pays dans mon taxi) aborde de façon frontale le sort réservé aux immigrants. Plus particulièrement le sort réservé aux immigrants en provenance des pays arabes. Ceux-là mêmes qui se sont sentis visés plus que les autres, notamment les femmes qui portent le voile, lors de la commission Bouchard-Taylor sur les pratiques d’accommodements raisonnables en 2007. Ceux-là mêmes qui sont plus souvent que les autres victimes d’amalgames lorsque des islamistes font les manchettes.

Tout en racontant sa propre histoire, Behzad Adib donne la parole à des hommes et à des femmes qui, selon les statistiques de l’Institut canado-arabe, seraient parmi les plus de 250 000 personnes issues de l’immigration arabe vivant à Montréal. Francophones pour la plupart, bardés de diplômes, ces hommes et femmes se sont fait vendre un pays de carte postale, une vie meilleure et des lendemains qui chantent. Imaginez les désillusions d’un avocat contraint de travailler dans un Tim Horton’s, d’un metteur en scène réduit à devenir chauffeur de taxi, d’une infirmière devant refaire ses études…

Behzad Adib n’hésite pas à montrer du doigt les faiblesses du système d’immigration qui abandonnent à eux-mêmes les nouveaux arrivants. Dans la foulée, il montre aussi le courage, les sacrifices et l’optimisme dont ils font preuve afin de permettre à leurs enfants de vivre un jour le rêve canadien.

Déracinés (Un pays dans mon taxi)

Radio-Canada, samedi, 19 h