«Le seigneur de Bombay» porté au petit écran

La série met en scène un policier de quartier, Sartaj (notre photo), qui, après avoir été témoin du suicide de Gaitonde, a 25 jours pour sauver 26 millions d’habitants de la région de Bombay.
Photo: Netflix La série met en scène un policier de quartier, Sartaj (notre photo), qui, après avoir été témoin du suicide de Gaitonde, a 25 jours pour sauver 26 millions d’habitants de la région de Bombay.

Avec ses quelque 125 millions d’abonnés dispersés dans plus de 190 pays, la plateforme numérique Netflix n’a plus le choix de diversifier son offre. C’est-à-dire qu’elle ne peut plus se contenter de produire des séries américaines. Après tout, 68,29 millions de ses abonnés proviennent de l’étranger. Présente en Inde depuis janvier 2016, Netflix annonçait en juin de la même année qu’elle allait produire sa première série indienne.

Dès vendredi, les abonnés pourront ainsi découvrir l’adaptation du roman, encensé par la critique, de Vikram Chandra, Le seigneur de Bombay (Robert Laffont, 2008). Il était grand temps puisqu’Amazon lançait en janvier dernier sa deuxième série indienne, la série policière Breathe, un an après InsideEdge, drame sportif se déclinant en dix épisodes.

Tournée en anglais et en hindi, coproduite par la société indienne Phantom Films, Le seigneur de Bombay (V.F. de Sacred Games) met en scène un policier de quartier, Sartaj (Saif Ali Khan, grande star du cinéma indien), qui, après avoir été témoin du suicide de Gaitonde (Nawazuddin Siddiqui, étoile montante de la nouvelle vague bollywoodienne), puissant chef de la pègre, dans son bunker, a 25 jours pour sauver les 26 millions d’habitants de la région de Bombay. À quelques mètres de là, le corps d’une maquerelle, qui recrutait de jeunes actrices pour de riches clients, est retrouvé.

Photo: Netflix Une scène de «Le seigneur de Bombay»

À l’instar de la foisonnante brique de plus de 1000 pages, Le seigneur de Bombay est narré du point de vue de Gaitonde, qui raconte son ascension dans le milieu du banditisme où l’on rencontre mafieux envieux et femmes fatales ou vénales. Alors que le décompte vers la catastrophe annoncée est enclenché, la dense et ambitieuse série est ainsi ponctuée de nombreux retours dans le temps. Au fil de ses découvertes, Sartaj constate alors que la corruption n’existe pas que du côté des hors-la-loi.

Productions locales

Il en fallait tout de même, du courage, à Phantom Films, pour accepter de coproduire la première série indienne de Netflix puisqu’il s’agissait à l’époque de la deuxième production locale de la plateforme américaine après l’exécrable série française Marseille, lancée en mai 2016. Malgré les critiques dévastatrices, la série mettant en vedette Benoît Magimel et Gérard Depardieu avait eu droit à une seconde saison. Au printemps 2017, Netflix annonçait même d’autres productions locales européennes, dont Las Chicas del Cable (Espagne), Suburra (Italie) et Dark (Allemagne), respectivement lancées en avril, en octobre et en décembre 2017.

 

Comme le rapportait le site Quartz India en mai dernier, depuis que la plateforme américaine s’est implantée en Inde, celle-ci a vu sa collection de productions indiennes quintupler, passant de 826 titres à 4706 titres. Du coup, l’Inde est devenue le sixième pays à avoir le plus de productions dans le catalogue de Netflix derrière le Japon (6032), les États-Unis (5609), le Canada (5460), le Royaume-Uni (5108) et l’Irlande (5023), et devant l’Australie (4705). Imaginez si la Chine ouvrait ses portes à Netflix — Taiwan et Hong Kong y figurant déjà avec respectivement 2842 et 2788 titres.

Un grand marché à conquérir

L’Inde étant l’un des plus grands producteurs de cinéma avec quelque 2000 films par année, Netflix a tout intérêt à poursuivre l’aventure locale. En avril dernier, la plateforme numérique annonçait la préproduction de la série Selection Day, à laquelle sera notamment affiliée la société de l’acteur Anil Kapoor (Slumdog Millionaire). Cette série, dont l’intrigue tourne autour de l’un des sports les plus populaires en Inde, le cricket, s’inspire du roman d’Aravind Adiga pour lequel il a remporté le Booker Prize.

Photo: Netflix Une scène de «Le seigneur de Bombay»

Parmi les autres séries indiennes de Netflix à venir, mentionnons Again, thriller campé à New Delhi de Marisha Mukerjee (Quantico) ; Bard of Blood, produite par la superstar bolywoodienne Shah Rukh Khan et adaptée du roman à succès de Bilal Siddiqi ; Leila, d’Urmi Juvekar, d’après le roman de Prayaag Akbar, où une femme cherche sa fille dans un futur pas si lointain ; Ghoul, série d’horreur inspirée du folklore arabe de Patrick Graham ; et Crocodile, thriller à saveur sentimentale campé à Goa de Binky Mendez.

En attendant de pouvoir visionner Le seigneur de Bombay et de découvrir les prochaines productions indiennes de Netflix, tapez « India » dans le moteur de recherche ; vous y découvrirez alors des dizaines et des dizaines de séries, films et documentaires en provenance de l’Inde. À force d’en consommer, votre algorithme de recommandations ne sera plus jamais le même.

Le seigneur de Bombay (V.F. de Sacred Games)

Netflix, dès vendredi