«Les lions: trophées de la honte»: de prédateurs à proies faciles

On suit tout au long du documentaire un chasseur américain qui se prépare à venir capturer «son» lion et qui change d’avis une fois sur place.
Photo: RDI On suit tout au long du documentaire un chasseur américain qui se prépare à venir capturer «son» lion et qui change d’avis une fois sur place.

L’Afrique du Sud est une destination de choix pour les chasseurs de gros gibier exotique et rare. On n’a qu’à se rappeler l’abattage de Cecil, le célèbre lion, à l’été 2015, qui avait fait grand bruit lors d’un creux médiatique. Les lions : trophées de la honte (Blood Lions en version originale), sorti à la même époque, met en lumière un type de chasse de ce fauve, toujours pratiquée en 2018, qui soulève plusieurs questions éthiques : la chasse « close », mais aussi les sources d’approvisionnement en proies pour cette chasse : des fermes d’élevage de lions.

Ce documentaire tourné sur plusieurs années et alimenté par les recherches de Ian Michler, photojournaliste en environnement et guide de safari, qui s’intéresse à cette industrie lucrative depuis longtemps, montre comment sont « produits » des milliers (entre 6000 et 8000 bêtes) de lions en captivité chaque année, en évoquant la « conservation de l’espèce », dont une très large partie sert au loisir de chasseurs fortunés qui les abattent dans des enclos clôturés. On comprend rapidement que le sujet est chaud au pays des safaris, puisque presque toutes les séquences tournées chez des éleveurs ou opérateurs de ce type de chasse sont en caméra cachée.

Le film au biais évident contre ces pratiques a le mérite de donner la parole autant aux opposants qu’aux chasseurs eux-mêmes. On suit d’ailleurs tout au long du documentaire un chasseur américain qui se prépare à venir capturer « son » lion et qui change d’avis une fois sur place : « Ce n’est pas de la chasse ». On en sort avec l’image d’un roi des animaux découronné, réduit à un triste rôle de proie facile.

Les lions : trophées de la honte

RDI, mercredi, 20 h