«Succession»: les enfants gâtés

«Succession» se distingue des productions du genre par ses accents comiques et satiriques tout à fait bienvenus.
Photo: HBO «Succession» se distingue des productions du genre par ses accents comiques et satiriques tout à fait bienvenus.

HBO se joint à la vague de drames familiaux d’ultrariches, qui ont un certain succès au petit écran par les temps qui courent (la nouvelle version de Dynasty, Empire, par exemple) avec cette incursion dans le linge sale des Roy, une famille propriétaire d’un immense conglomérat médiatique. On fait sa connaissance le jour du 80e anniversaire de son patriarche (impérial Brian Cox), alors qu’il décide de rebrasser les cartes de sa succession, à un moment charnière pour l’entreprise. Ce qui n’a pas l’heur de plaire à ses quatre enfants adultes, gâtés par une vie d’opulence et indignes de leur héritage.

Succession se distingue des productions du genre — des drames « dramatiques » à outrance, souvent empesés par une réalisation trop léchée — par ses accents comiques et satiriques tout à fait bienvenus. Pas tellement surprenant quand on découvre que le créateur de cette série a scénarisé la comédie politique mordante In the Loop et a collaboré à l’écriture d’épisodes de la série Veep. D’ailleurs, la mise en scène du premier épisode, confiée au producteur et réalisateur Adam McKay (The Big Short), rappelle celle de cette série comique politique, avec ses mouvements de caméra et zoom intempestifs qui mettent en relief les malaises entre les personnages à l’écran.

Au bout de ce pilote centré sur l’intrigue familiale avec une ouverture sur les fils narratifs qui s’ouvriront aux sphères économique et médiatique, aucun des personnages principaux (tous interprétés avec justesse) n’arrive à devenir un tant soit peu attachant : désagréables, imbus de leur personne, immatures, voire un peu stupides. Cette antipathie ambiante pourrait en rebuter certains. Il faut prendre le temps de les apprivoiser, car ces tares rendent rapidement la série irrésistible dans les épisodes suivants. Pas facile d’adopter des enfants gâtés…

Succession

HBO, dimanche, 21 h