«Victor Lessard»: quand la police perd la tête

Patrice Robitaille et Julie LeBreton (notre photo) ont eu le plaisir de revisiter ce tandem de choc que forment Victor Lessard et Jacinthe Taillon afin de les pousser encore plus loin.
Photo: Club Illico Patrice Robitaille et Julie LeBreton (notre photo) ont eu le plaisir de revisiter ce tandem de choc que forment Victor Lessard et Jacinthe Taillon afin de les pousser encore plus loin.
Rien ne va plus au poste 25. La tête du commandant Maurice Tanguay (Paul Doucet) vient d’être retrouvée dans un conteneur à déchets. Entrent alors en scène Victor Lessard (Patrice Robitaille) et Jacinthe Taillon (Julie LeBreton), chargés d’élucider le meurtre. Au même moment, un photographe (Luc Senay) recherche sa fille (Laurie Babin) qui fréquentait le centre d’accueil que parrainait Tanguay.

Pour la deuxième saison du thriller policier Victor Lessard, les scénaristes Martin Michaud, auteur de la série de romans dont s’inspire la série, et Frédéric Ouellet (La Bolduc de François Bouvier) ont eu cette fois à étoffer le récit plutôt qu’à sabrer le roman.

« J’étais très en verve en 2012 puisque j’ai écrit un roman de 650 pages (Je me souviens) alors que Violence à l’origine en fait 450. La saison 2 a donc été un défi différent, mais tout aussi intéressant au niveau créatif, peut-être même encore plus intéressant puisqu’à la base, quand j’ai commencé à passer du roman à la scénarisation, je disais aux gens de Pixcom que je n’avais pas envie de brasser la même soupe », dévoile Martin Michaud.

« On a eu plus de fun à ajouter du stock parce que ça nous a forcés à travailler plus ensemble, renchérit Frédéric Ouellet. À la première saison, on s’est divisé la matière qui existait déjà, on a réduit un peu, on a plus travaillé en vase clos chacun de son côté, tout en sachant ce que l’autre faisait. La saison 2 nous a donc permis de travailler plus en collaboration et de nous améliorer. »

Tout en saluant la précieuse collaboration de la script-éditrice Myrianne Pavlovic, qu’il surnomme la marraine de Victor Lessard, Martin Michaud se réjouit du retour de Patrice Sauvé à la réalisation… même si ce dernier les a fait beaucoup travailler en leur demandant de déplacer un épisode lors d’une de ses visites aux scénaristes.

« Pour la deuxième saison, on a un canevas réel; la première saison existe, elle n’est pas le roman, elle n’est aucun des romans. Elle a en soi ses codes et je venais surtout rappeler aux scénaristes les codes qu’on avait développés dans la première saison. L’incarnation visuelle avait sa patente à elle et il fallait travailler à l’intérieur de ça. »

 Tandem de choc
À l’instar des scénaristes, Patrice Robitaille et Julie LeBreton ont eu aussi le plaisir de revisiter ce tandem de choc que forment Victor Lessard et Jacinthe Taillon afin de les pousser encore plus loin : « On entre plus profondément dans ce qu’ils sont, croit l’actrice. On va mieux comprendre leur loyauté, ce qui les lie. On va avoir un peu plus accès à leur vulnérabilité ensemble et à l’extérieur de leur duo. »

« Il y a toujours un stress d’avoir à recamper ces personnages-là, confie l’acteur. Des fois, on fait des trucs et on sait que ça a bien fonctionné, mais avant le début du tournage, je ne me souviens plus ce que j’ai fait ni par où je suis passé. Dans ces moments-là, le travail d’équipe est primordial; tu fais confiance à l’équipe, à tes partenaires, à ta mémoire émotionnelle. »

« Patrice et Julie amènent une humanité; ils ne sont pas là pour dire leurs lignes, mais pour interpréter, explique le producteur Charles Lafortune. Cette humanité fait en sorte que les auteurs les entendent lorsqu’ils écrivent. Il y a donc des choses qui sont hors du texte qu’ils amènent à l’écran.»

Si la deuxième saison s’annonce plus violente que la première, Martin Michaud rappelle que la violence n’est pas le moteur de son écriture : «On a tous une part de violence à l’origine en nous. Le fil d’Ariane, c’est d’essayer de jouer avec la perception du téléspectateur. Y a-t-il des raisons pour lesquelles la violence se justifie? Et est-ce que moi comme téléspectateur, à la fin de cette série-là, j’éprouve de l’empathie pour la personne qui enlève la vie de façon aussi violente? »

« On regarde l’impact de la violence sur ceux qui l’infligent et ceux qui la subissent. Notre regard n’est ni manichéen ni en fonction du spectacle. On essaie seulement d’amener une réflexion », jure Frédéric Ouellet. « Mais ça demeure un divertissement à la base, on n’essaie pas de vous vendre une série philosophique! » conclut en blaguant Martin Michaud.

Victor Lessard

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