«Révolutions sexuelles»: corps sexuel, corps social

Image tirée de «Révolutions sexuelles»
Photo: TV5 Image tirée de «Révolutions sexuelles»

Les rapports Kinsey (1948 et 1953) ont fait passer la sexualité de sujet chaud (moral, mais caché) à sujet froid (clinique, mais public). C’est sur cette bombe scientifique que s’ouvre Révolutions sexuelles, une minisérie documentaire signée Sylvain Desmille, aussi historien et anthropologue, que TV5 programme en deux épisodes, alors que les soubresauts du #MoiAussi secouent toujours la planète.

La révolution sexuelle n’est pas une affaire d’onanisme, c’est une histoire qui s’est écrite à plusieurs, précise Desmille dans les préliminaires. Et pas forcément ensemble. La révolution sexuelle des hommes a commencé avec la distribution de préservatifs pendant la Première Guerre mondiale. Pour les femmes, elle est venue après, avec les contraceptifs oraux. La révolution des homosexuels s’est engagée plus tardivement encore, tandis que d’autres l’attendent toujours, comme les femmes noires, rappelle l’écrivaine Loretta Ross.

De Marilyn à BB, du « péché suédois » aux magazines que l’on consulte d’une seule main, des théories « orgasmiques » de Wilhelm Reich au mariage gai, Sylvain Desmille ratisse large. On lui reprochera de raconter nos émancipations en privilégiant ses victoires sur ses défaites. Ses revers ne sont pas niés pour autant : sida, silence ou souffrance.

C’est que le cinéaste a su s’entourer solidement pour esquisser son panorama. Faisant appel à des écrivains, à des historiens, à des sociologues et à des psychologues, il réussit à croiser nombre d’éclairages pour la plupart pertinents, voire brillants pour certains. Le tout sans se fatiguer ni fatiguer.

Révolutions sexuelles

Lundis 7 et 14 mai, TV5, 21 h