«Les Chinois dépannent»: le Chinois du coin

Dans le marché des dépanneurs, où les marges de profit sont très faibles et où la concurrence est féroce, les immigrants chinois ont fait leur place depuis une quinzaine d’années.
Photo: UNIS Dans le marché des dépanneurs, où les marges de profit sont très faibles et où la concurrence est féroce, les immigrants chinois ont fait leur place depuis une quinzaine d’années.

Les dépanneurs ont la vie difficile depuis un quart de siècle : d’une dizaine de milliers sur le territoire québécois au début des années 1990, ils ne sont aujourd’hui qu’un peu moins de 7000. Dans ce marché où les marges de profit sont très faibles et où la concurrence est féroce, les immigrants chinois ont fait leur place depuis une quinzaine d’années. Tellement, qu’ils sont maintenant propriétaires d’environ 35 % des dépanneurs indépendants du Québec.

La cinéaste Isabelle de Blois (le sympathique documentaire Paroles d’enfants) a eu la bonne idée de documenter cette réalité « visible » non pas dans la métropole, mais dans des coins du Québec où on l’attend moins. Elle suit donc le quotidien de trois familles d’immigrants chinois installées à Québec, à Inverness, dans les Bois-Francs, et à East Broughton, dans la Beauce, les deux premières étant propriétaires de dépanneur alors que la dernière a vendu son dépanneur pour acheter l’épicerie du village.

Ainsi, Jun, Alex-Koching et Xian-Christina s’expriment sur ce choix d’une vie « laborieuse », motivé par leur volonté d’être leur propre patron, sur les contraintes professionnelles d’une connaissance peu approfondie de la langue française, sur les défis de ce travail qui les occupe pendant de très longues heures, 365 jours sur 365. On entend également leurs enfants, très à l’aise devant la caméra, qui ne souhaitent pas une existence aussi dure.

Les commentaires enjoués des clients, employés et fournisseurs, tous dithyrambiques sur le travail des « Chinois du coin », complètent ce portrait très positif, qui a le défaut de ne pas s’intéresser à ceux pour qui l’expérience de dépanner hors des grands centres n’a pas été aussi réussie. Voilà peut-être le sujet d’un autre film…

Les Chinois dépannent

UNIS, lundi, 22 h