«Civilizations»: l’histoire par l’art

Bien que les thèmes soient conventionnels (le corps humain, la religion, la couleur…) et répondent à un ordre chronologique, la série «Civilizations» arrive à surprendre.
Photo: PBS Bien que les thèmes soient conventionnels (le corps humain, la religion, la couleur…) et répondent à un ordre chronologique, la série «Civilizations» arrive à surprendre.

Souvent rétrogradée au rang de petite soeur de la Grande Histoire, l’histoire de l’art bénéficie, dans les neuf épisodes de Civilizations, de toute l’importance qui lui revient. L’histoire, c’est l’art, dit-on dès le chapitre initial, intitulé « Le second instant créateur ».

La peinture et la sculpture, notamment, ne servent plus seulement d’illustrations. Une pléthore d’oeuvres, de l’Antiquité à aujourd’hui, de Palmyre (Syrie) à Copan (Honduras), en passant, bien sûr, par Paris et New York, sont prises comme de vénérables documents pour comprendre l’humanité.

L’enjeu était de taille : traverser les millénaires et faire, littéralement, plusieurs fois le tour du globe. Avec des moyens financiers, c’est possible. La caméra et le narrateur se rendent en effet là où le sujet l’exige, que ce soit dans la jungle ou dans un musée méconnu. Si l’information est densément livrée, sous forme d’entrevues avec des spécialistes, les moments de contemplation ne manquent pas. Ni les spectaculaires plans. Civilizations se situe quelque part entre les Grands Explorateurs et les cours de Télé-université.

Bien que les thèmes soient conventionnels (le corps humain, la religion, la couleur…) et répondent à un ordre chronologique, la série arrive à surprendre. On soulignera ainsi, lors du dernier épisode sur l’industrialisation, judicieusement politisé, les choix de s’attarder, au travers des impressionnistes ou de l’inévitable Picasso, sur la représentation des Amérindiens dans la peinture américaine ou sur la misère telle que captée par le photographe Jacob Riis. L’art démontre, dit-on ici, que le progrès n’est pas gage d’éternité.

Civilizations

PBS, mardi, 20 h