«Inuk en colère»: leur «Grande Dépression»

Image tirée de «Inuk en colère»
Photo: ONF Image tirée de «Inuk en colère»

Projet au long cours, projet nécessaire, Inuk en colère revient sur l’enjeu controversé de la chasse au phoque. La documentariste Alethea Arnaquq-Baril y donne la parole aux Inuits (ou Inuk), principaux intéressés et pourtant privés de voix au chapitre.

Que l’on approuve ou que l’on réprouve la chasse au phoque, il y a énormément à apprendre de ce documentaire fouillé sur le plan factuel et passionnant sur le plan anthropologique, humain. Car c’est à un véritable voyage que la cinéaste convie le spectateur qui, lancé à sa suite sur les vastes étendues de l’Arctique, découvre les vestiges prégnants d’un mode de vie aujourd’hui démonisé.

Consciente du préjugé défavorable qui entoure la chasse au phoque, la documentariste privilégie une approche vivante mais éducative afin de combattre, c’est sa thèse, trois décennies de désinformation. Le film n’est jamais aussi pertinent, et émouvant, que lorsque sont évoqués les contrecoups de l’embargo européen de 1982. « Ç’a été notre “ Grande Dépression ” à nous. Sans moyen de subsistance, plusieurs sont partis en ville », relate un vieux chasseur.

Inuk en colère est un documentaire important. Il met en lumière plusieurs données occultées. À cet égard, s’il n’est jamais revanchard, le ton d’Alethea Arnaquq-Baril laisse parfois poindre quelques pointes de sarcasme ou d’ironie. L’ensemble, cela dit, demeure très digne, en plus d’être expertement filmé et monté. Le film a par ailleurs reçu le prix du public au Hotdoc.

Inuk en colère

ICI Explora, samedi, 20 h. En reprise dimanche, 23 h 30, et mardi, 10 h.