«Arthur Miller: Writer»: confidences paternelles

L’auteur de «Mort d’un commis voyageur» et des «Sorcières de Salem» se confie.
Photo: HBO L’auteur de «Mort d’un commis voyageur» et des «Sorcières de Salem» se confie.

Le documentaire biographique est un genre qui peut facilement tomber dans l’hagiographie. Dans le cas qui nous intéresse, ç’aurait été tout à fait excusable puisque celle qui l’a réalisé est la fille du sujet. Pourtant, Rebecca Miller évite de glorifier son illustre père, le dramaturge et scénariste Arthur Miller, avec qui elle a mené des entrevues capturées sur bande-vidéo dans le dernier quart de siècle de sa vie.

Ces confidences sur sa vie et son oeuvre, le plus souvent tournées dans le confort de son atelier (c’était un bricoleur hors pair), constituent l’essentiel de cette biographie chronologique, construite en une série d’actes qui définissent les périodes marquantes de son existence. Des entrevues avec des membres de sa famille et quelques amis (dont le regretté Mike Nichols) et des images d’archives complètent ce portrait intimiste, narré à la première personne par la réalisatrice.

L’auteur de Mort d’un commis voyageur et des Sorcières de Salem se confie sur les méandres de sa vie personnelle (trois épouses, dont Marilyn Monroe…) et de sa carrière, sur la genèse de ses oeuvres, les plus connues et d’autres un peu plus oubliées, sur ses prises de position politique (au temps du maccarthysme et de la guerre du Vietnam), sur la vie, en général.

On apprendra ainsi que l’écriture de Mort d’un commis voyageur a débloqué quand il a fini de construire un cabanon, qu’il a eu un fils trisomique laissé en institution dont il n’a jamais osé parler, et qu’il regrette amèrement d’être devenu dépassé trop tôt… Miller s’avère particulièrement émouvant lorsqu’il évoque sa relation avec Marilyn et les dénonciations de collègues cinéastes « communistes » par son ami Elia Kazan. À voir.

Arthur Miller : Writer

HBO Canada, lundi, 20 h