Pas de raz-de-marée québécois aux prix Écrans canadiens

L’actrice Sally Hawkins a obtenu le prix Écran de l’interprétation féminine dans un premier rôle féminin pour le film «Maudie».
Photo: Métropole Films L’actrice Sally Hawkins a obtenu le prix Écran de l’interprétation féminine dans un premier rôle féminin pour le film «Maudie».

Dimanche soir, en direct de Toronto, sur les ondes de CBC, Jonny Harris et Emma Hunter ont célébré la crème du cinéma et de la télévision lors du gala des prix Écrans canadiens.

Tant dans les discours des présentateurs que des lauréats, le mot à retenir de la soirée est « représentation », soit la représentation des minorités culturelles et sexuelles. Le mot d’ordre s’est d’ailleurs reflété dans les résultats. Ainsi, des films et des séries brossant la réalité des communautés autochtones et des différentes communautés culturelles se sont retrouvés au palmarès des gagnants. 
 

Alors que onze des quinze films les plus nommés étaient québécois, le raz-de-marée est venu de la Nouvelle-Écosse. Toutefois, la majeure partie des prix attribués aux œuvres cinématographiques ont été remis lors de l’avant-gala, puis annoncés rapidement au retour des pauses publicitaires. De toute évidence, le cinéma est bien secondaire dans cette soirée de gala qui devrait s’inspirer des Golden Globes. 
 

Malgré sa sage, voire terne, cérémonie, les Écrans canadiens ont de l’avance sur les Oscar. Avant de remettre le prix du Meilleur film, Eugene Levy a salué le fait que quatre des longs métrages nommés avaient été réalisés par des femmes, quatre scénarisés par des femmes et cinq mettant en vedette des personnages féminins forts. 

 

Le sacre de Maudie
 

Relatant la vie de la peintre néo-écossaise Maud Lewis, Maudie a été sacré Meilleur film.

Concourant dans sept catégories, ce long métrage de la réalisatrice Aisling Walsh a établi un score parfait en récoltant sept prix Écrans, dont celui de l’Interprétation féminine dans un premier rôle pour Sally Hawkins et de l’Interprétation masculine dans un rôle de soutien pour Ethan Hawke. 
 

Pour sa part, la réalisatrice Sadaf Foroughi, lauréate du prix du Meilleur premier long métrage pour Ava lors de l’avant-gala, a vu son actrice principale, Bahar Nouhian, saluée du prix de l’Interprétation féminine dans un rôle de soutien.

Portrait d’une jeune Iranienne rebelle, Ava menait la course aux prix Écrans canadiens avec Hochelaga, terre des âmes, de François Girard, et Never Steady, Never Still (où Théodore Pellerin incarne un jeune homme en crise d’identité sexuelle), de Kathleen Hepburn, avec huit nominations. 
 

Quant à Nabil Rajo, il a eu l’honneur d’être couronné du prix de l’Interprétation masculine dans un premier rôle pour Boost, film dépeignant les difficultés d’immigrants à Montréal réalisé par Darren Curtis, lequel figurait dans cinq catégories.

 

Distinctions québécoises
 

Nommé dans huit catégories techniques, Hochelaga, terre des âmes, l’ambitieuse fresque historique de François Girard, est reparti avec quatre prix Écrans : Meilleure direction artistique, Meilleures images, Meilleur son d'ensemble et Meilleurs effets visuels. 
 

Concourant dans cinq catégories, Les affamés, film de zombie de Robin Aubert, a remporté le prix des Meilleurs maquillages. Grâce à son box-office de plus de 6,6 millions de dollars, la comédie policière d’Émile Gaudreault, écrite avec la collaboration d’Eric K. Boulianne et de Sébastien Ravary, De père en flic 2, a remporté le prix Écran d’or Cineplex pour un long métrage.

 

La force de l’animation
 

Nez à nez avec Hochelaga, terre des âmes, le film d’animation de Nora Twomey, Parvana: une enfance en Afghanistan (v.f. de The Breadwinner), où une fillette se déguise en garçon pour subvenir aux besoins de sa famille, a remporté quatre des six prix pour lesquels il concourait : Meilleure musique originale, Meilleure chanson originale (The Crown Sleeps), Meilleur montage sonore et Meilleure adaptation.
 

Révélant l’apport des autochtones dans l’histoire du rock, le documentaire Rumble : The Indians Who Rocked the World, de Catherine Bainbridge et Alfonso Maiorana, s’est illustré trois fois : Meilleur long métrage documentaire, Meilleures images dans un long métrage documentaire et Meilleur montage dans un long métrage documentaire.

Incursion dans l’une des premières boutiques pour travestis de Toronto, Take a Walk on The Wildside, de Lisa Rideout, a remporté le prix du Meilleur court métrage documentaire.

 

Le meilleur de la télé
 

Lauréat du prix d’Interprétation masculine dans un premier rôle dans une comédie, Paul Sun-Hyung Lee, de Kim's Convenience, a été le premier à parler de l’importance de la représentation à l’écran. Gagnante du prix d’Interprétation féminine dans un premier rôle dans une série dramatique, Tatiana Maslany, d’Orphan Black, a parlé d’inclusion.
 

Parmi les émissions s’étant illustrées, mentionnons la nouvelle adaptation du populaire roman de Lucy Maud Montgomery, Anne, couronnée Meilleure série dramatique et The Secret Path, du regretté Gord Downie, sacré Meilleur documentaire. 
 

Partenaire de Karine Vanasse dans la série policière Cardinal, réalisée par Podz et Jeff Renfroe, Billy Campbell a reçu le prix d’Interprétation masculine dans un premier rôle dans une minisérie. 
 

Réalisée par Mary Harron et écrite par Margaret Atwood et Sarah Polley, Alias Grace a remporté les prix de la Meilleure minisérie et de l’Interprétation féminine dans un premier rôle dans une minisérie pour Sarah Gadon. Adaptation du roman de l’auteure de La servante écarlate, Alias Grace s’inspire d’une histoire de double meurtre ayant eu lieu à Toronto en 1843. 

 

Prix spéciaux
 

Au cours de l’avant-gala, animé par Ali Hassan et Sharron Matthews, la série Murdoch Mysteries (CBC) a remporté le prix Écran d’or pour une émission dramatique ou une comédie et The Amazing Race Canada (CTV), le prix Écran d’or pour une téléréalité.  


Durant le gala, Margaret Atwood a reçu le prix Hommage du conseil d’administration de l’Académie pour «ses engagements envers la croissance de l’industrie canadienne des médias». 
 

Rick Mercer a quant à lui reçu des mains de sa complice Jann Arden le prix Icône de l’Académie pour ses quinze ans à la barre de l’émission satirique The Rick Mercer Report.

Molly et Taborah Johnson ont remis à leur frère, l’acteur et réalisateur Clark Johnson, le prix Earle-Grey pour «son influence exceptionnelle sur la force de l’industrie au pays et partout dans le monde».
 

Enfin, le journaliste Peter Mansbridge s’est vu remettre par Adrienne Arsenault, qui lui a succédé à l’animation du National, un prix pour l’ensemble de sa carrière. Dans son discours, il a affirmé que rien n’est plus sacré que la vérité en journalisme.